Au Mondial de l'auto, la CGT s'inquiète pour l'avenir de Renault en France

Paris - La CGT a fait part jeudi, en plein Mondial de l'automobile à Paris, de son inquiétude pour le devenir du constructeur et de la filière automobile en France, à l'heure de la disgrâce du diesel et du pari de l'électrique.

"Derrière la vitrine des ventes historiques de Renault, se cache une désindustrialisation", a dénoncé Fabien Gâche, délégué central de la CGT Renault, sur le stand du constructeur, à l'occasion du salon automobile qui fermera ses portes dimanche.

Depuis 2013, la perte nette est de 6.500 salariés, a-t-il affirmé, dénonçant également une "explosion de la précarité" dans les usines, avec la hausse du recours aux intérimaires et aux contrats à durée déterminée, ainsi que "l'explosion des prestataires dans l'ingénierie".

Selon la CGT, deuxième organisation chez Renault, la France ne représente plus que 19% de la production européenne (Turquie comprise) de véhicules particuliers Renault, contre 53% en 2004.

"Le prétexte de la baisse des ventes du diesel masque l'amplification de la délocalisation des productions et de notre ingénierie", fustige la CGT, en évoquant la "délocalisation totale de la Clio 5, véhicule le plus vendu, vers la Turquie et la Slovénie".

Le syndicat craint par ailleurs que la stratégie du groupe ne rende les sites français de Renault trop dépendants de l'électrique, une technologie pour laquelle "on est encore loin de l'engouement", estime M. Gâche. "On ne peut pas s'arrêter à une technologie, il faut en faire beaucoup plus dans les véhicules hybrides", plaide-t-il.

Renault a annoncé en juin qu'il allait investir plus d'un milliard d'euros en France d'ici à 2022 pour le développement et la production de véhicules électriques.

Le groupe prévoit notamment la fabrication de modèles électriques dans son usine de Douai (Nord) à partir de 2021 et le doublement des capacités de production de sa citadine électrique Zoe dans l'usine de Flins (Yvelines) lors des quatre prochaines années.

Dans un communiqué, la CFDT Renault (3e syndicat) a appelé jeudi les pouvoirs publics et les acteurs de la filière automobile à "lancer une stratégie française et européenne pour les batteries du futur" utilisées dans les véhicules électrifiés.

esp/lum/eb

Renault

(©AFP / 11 octobre 2018 16h46)
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