Bélarus : les journalistes indépendants détenus ont été libérés

Minsk - Tous les journalistes arrêtés cette semaine au cours d'un vaste coup de filet parmi les médias indépendants au Bélarus ont été relâchés, ont annoncé vendredi leurs rédactions, alors que les autorités ont ouvert une enquête pénale.

Les enquêteurs bélarusses ont procédé de mardi à jeudi à des perquisitions dans une série de médias indépendants et à l'arrestation d'au moins 13 journalistes, dans le cadre d'une enquête sur l'utilisation sans abonnement des services d'une agence de presse d'Etat.

Les deux derniers journalistes encore en garde à vue vendredi - Irina Levchina, la rédactrice en chef du site internet BelaPAN, et Pavel Bykowski, correspondant pour le service en langue russe du média allemand Deutsche Welle - ont été libérés vendredi, selon leurs rédactions respectives.

Dans un communiqué diffusé jeudi soir, le Comité d'enquête avait annoncé la libération de la plupart des journalistes arrêtés mais annoncé avoir réuni suffisamment de "preuves" et de "témoignages" pour ouvrir "une enquête pénale".

Les autorités bélarusses soupçonnent les journalistes interrogés cette semaine de s'être connectés aux services de l'agence de presse BelTA, contrôlée par l'Etat bélarusse, sans avoir payé pour cet accès.

S'ils sont reconnus coupables, ils risquent jusqu'à deux ans de prison et une interdiction provisoire d'exercer leur profession, en vertu de la loi bélarusse.

Cette affaire n'est "nullement politique et n'a rien à voir avec la liberté de la presse", avait assuré mardi le porte-parole de la diplomatie bélarusse, Anatoli Glaz.

Pour l'ONG Reporters sans frontières (RSF), il est cependant "difficile d'y voir autre chose que des mesures d'intimidation".

"Le but principal des chefs des services de sécurité est d'effrayer les gens et de renforcer l'autocensure afin d'entièrement contrôler le domaine des médias", a renchéri Alexandre Klaskovski, analyste politique pour BelaPAN.

Dirigé d'une main de fer par le président Alexandre Loukachenko depuis 1994, le Bélarus maintient un contrôle constant sur les médias, durci notamment après des manifestations en mars 2017 qui ont conduit à des centaines d'arrestations.

Ce pays figure à la 155e place au classement mondial de la liberté de la presse 2018 établi par RSF, qui y dénonce une "escalade de la répression" depuis 2017.

(©AFP / 10 août 2018 16h01)
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