Bassin de Lacq: la Cour des comptes relève des risques sur la sécurité sanitaire et l'environnement

Paris - La Cour des comptes pointe du doigt les risques concernant la sécurité sanitaire et environnementale dans la zone industrielle du bassin de Lacq (Pyrénées-Atlantiques), reconverti dans la chimie, et a demandé des mesures au gouvernement, dans un référé publié jeudi.

Dans son référé transmis le 26 janvier dernier aux ministères de l'Ecologie, de la Santé et de l'Economie, la Cour relève des insuffisances dans la gestion du transport des produits dangeureux issus de l'industrie, dans la prise en compte de la pollution des sols et des eaux et de son impact sur la population.

Le bassin industriel de Lacq reposait depuis les années cinquante sur l'exploitation du gisement de gaz naturel, mais depuis plusieurs années, pour compenser son épuisement progressif, il s'est reconverti dans la chimie. Il compte aujourd'hui une vingtaine d'installations industrielles classées en raison de leur impact potentiel sur l'environnement.

En matière de transport, les capacités de stockage des produits dangereux ne sont pas en adéquation avec les besoins, et le stockage doit donc se faire parfois à bord de véhicules-citernes ou des wagons, relève la Cour.

Elle relève également un flou sur le partage des responsabilités entre l'exploitant et l'utilisateur des voies ferroviaires privées (non gérées par Réseau ferré de France) qui servent au transport de ces produits, engendrant des problèmes pour leur entretien.

En matière de pollution, la Cour note que les substances médicamenteuses ne sont pas spécifiquement contrôlées au niveau de la station d'épuration qui gère les effluents industriels.

Malgré une mise en demeure préfectorale en 2011, la question n'est toujours pas réglée, insiste-t-elle.

Par ailleurs, alors que la population locale est exposée à plus de 140 substances différentes, les études sanitaires ne prennent en compte que les polluants atmosphériques (...) et ne sont pas en mesure d'estimer d'éventuels +effets-cocktails+, souligne la Cour.

Une étude épidémiologique complémentaire a été préconisée dès 2002 par l'Institut de santé publique, d'épidémiologique et de développement mais cette recommandation n'a pas été suivie.

Elle conclut son référé par quatre recommandations pour améliorer la réglementation sur les quotas d'émissions industrielles, renforcer le contrôle de l'Etat sur ces émissions, améliorer la prévention des risques de transports et mieux encadrer la sécurité sanitaire des sites.

(©AFP / 09 avril 2015 19h33)

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