Bourse Zurich: clôture dans le rouge, le départ de Rex Tillerson inquiète

Zurich (awp) - La Bourse suisse a terminé mardi en repli, renforçant ses pertes en fin de séance, après que Wall Street tournait dans le rouge à la mi-séance. L'optimisme lié à la hausse modérée de l'inflation américaine laissait ainsi place aux inquiétudes suscitées par le limogeage du chef de la diplomatie américaine Rex Tillerson par le président américain Donald Trump.

Le SMI est resté coincé sous la barre psychologique des 9000 points et a effacé les gains réalisés la veille. En Suisse, la saison des résultats a connu un nouveau point d'orgues avec les chiffres du fabricant d'installations sanitaires Geberit et ceux d'une généreuse série d'entreprises du marché élargi.

Au niveau économique, la hausse des prix aux Etats-Unis a ralenti sa course en février après l'accélération de janvier, selon les chiffres du ministère du Travail. Comme s'y attendaient les analystes, l'indice des prix à la consommation CPI n'a avancé que de 0,2% en février par rapport à janvier en données corrigées des variations saisonnières.

Après les bonnes données sur le marché US de l'emploi de vendredi, les investisseurs espèrent pouvoir en déduire des indications sur l'évolution future des prix. Les observateurs rappellent qu'il y a quelques semaines, la crainte d'une poussée de l'inflation avait déclenché les turbulences boursières.

L'OCDE a pour sa part a revu ses prévisions de croissance mondiale à la hausse, tablant désormais sur une progression de 3,9% cette année et l'an prochain. L'organisation a mis en garde contre le "danger" que représente le protectionnisme, après l'annonce par Donald Trump de taxes douanières sur les importations d'acier et d'aluminium.

Le SMI a perdu 1% à 8880,92 points. Le SLI a cédé 1,15% à 1453,83 points et le SPI 0,91% à 10'296,19 points. Toutes les valeurs vedettes ont clôturé dans le rouge.

Dufry (-0,1%) a pu limiter les dégâts le plus, après avoir figuré sur la première marche du podium une grande partie de la séance. Le groupe présentera ses chiffres jeudi.

Geberit (-0,3%) a aussi fait mieux que la plupart des blue chips. Le fabricant d'installations sanitaires a enregistré une solide hausse de sa rentabilité en 2017. Dans la foulée, le dividende sera relevé de 4% à 10,40 CHF par titre. La BC de Zurich a salué la croissance particulièrement solide au 4e trimestre. Vontobel table sur une accélération de la croissance cette année.

Richemont (-0,3%), Clariant (-0,5%) et Kühne+Nagel (-0,7%) ont cédé aussi du terrain de manière limitée.

Les bancaires Credit Suisse (-1,4%) et UBS (-1,9%) ont subi des pertes plus marquées.

Les poids lourds, Nestlé (-0,4%) dans une moindre mesure, ainsi que Roche (-0,7%) et Novartis (-1,2%) ont pesé sur l'indice principal.

Adecco (-1,3%) a bouclé son programme de rachat d'actions de 300 mio EUR. Au total, 4,58 mio d'actions ou 2,68% du capital-actions ont été rachetées sur une seconde ligne de négoce au prix moyen unitaire de 78,83 CHF. Un nouveau programme de 150 mio EUR a d'ores et déjà été annoncé.

La lanterne rouge est une nouvelle fois échue à Aryzta (-3,5%). Trois analyses ont abaissé l'objectif de cours au lendemain de résultats semestriels sans surprise après l'avertissement sévère sur bénéfice de janvier dernier. Les recommandations s'étalent entre "sell" et "hold". Lonza a cédé 1,7% et Sonova 1,1%, complétant le trio des plus gros perdants.

Parmi les sociétés du marché élargi ayant publié leurs résultats, Rieter (-5,7%) a confirmé ses estimations de rentabilité opérationnelle publiées en janvier parallèlement à son chiffre d'affaires sur l'exercice 2017. Le conseil d'administration proposera nonobstant aux actionnaires une rémunération stable de 5,00 CHF par action.

Huber+Suhner (-3,9%) a accusé l'an dernier un tassement marqué, bien qu'attendu, de sa rentabilité, en dépit d'une croissance sensible de ses recettes et surtout de ses entrées de commandes. Le conseil d'administration proposera aux actionnaires le versement d'un dividende de 1,10 CHF par action, contre 1,25 CHF au titre de 2016.

Tamedia (+2,0%) a vu ses bénéfices s'étoffer au cours de l'exercice 2017, en dépit d'un chiffre d'affaires en léger recul, en raison notamment de la baisse des recettes dans la publicité imprimée. Les actionnaires se verront proposer une rémunération inchangée de 4,50 CHF par nominative au titre de l'exercice écoulé.

Galenica (+2,3%) a largement tenu ses promesses de rentabilité sur un exercice 2017 qui a été marqué par l'autonomisation de son laboratoire Vifor. Le groupe bernois a dégagé un bénéfice net de 124,4 mio CHF, étoffé de plus d'un tiers sur un an. Le conseil d'administration proposera aux actionnaires une rémunération de 1,65 CHF par action.

lk/buc

(AWP / 13.03.2018 18h18)
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