Bourse Zurich: le SMI s'enfonce dans le rouge à l'approche de la mi-journée

Zurich (awp) - La Bourse de Zurich s'enfonce dans le rouge mardi en fin de matinée, dans la lignée de la tendance baissière de la veille. Les données d'outre-Atlantique incitent au pessimisme, tout comme le différend sino-américain. La Réserve fédérale va débuter sa réunion de politique monétaire de deux jours.

La guerre économique entre la Chine et les Etats-Unis inquiète. Le président chinois Xi Jinping a déclaré que "personne ne peut dicter au peuple chinois ce qu'il doit faire ou ne pas faire". "On pourrait peut-être ajouter: et certainement pas un président américain, notent les analystes de CMC Market. Le différend commercial risque de laisser sa marque sur les marchés boursiers au cours des prochaines semaines et des prochains mois."

En Suisse, les nouvelles macroéconomiques incitent à la prudence. Les économistes du Secrétariat d'Etat à l'économie (Seco) ont revu à la baisse leurs prévisions de croissance du PIB, tant pour 2018 que pour 2019. Les économistes interrogés par le centre d'études conjoncturelles KOF se sont aussi montrés davantage pessimistes.

En Allemagne, le moral des entrepreneurs a de nouveau baissé, selon le baromètre Ifo publié mardi.

A 10h30, le SMI lâchait 0,73% à 8540,15 points, le SLI 0,75% à 1309,92 points et le SPI 0,86% à 9952 points. Sur les 30 valeurs vedettes, 23 pointaient vers le bas et sept étaient dans le vert.

Les valeurs du luxe faisaient la course en tête, grâce à Swatch (+0,9%) et Richemont (+0,7%). Le camp des gagnants comptait également Dufry (+0,4%), Geberit (+0,3%) et Adecco (+0,1%).

Temenos tenait la lanterne rouge provisoire, creusant encore ses pertes par rapport à l'ouverture (-4,5%). Le développeur de logiciels bancaires a pourtant décroché un contrat d'un émetteur de cartes de crédit en Israël.

Parmi les bancaires, UBS ne s'en sortait pas trop mal (+0,1%). La banque aux trois clés a réglé à l'amiable un conflit avec le régulateur boursier américain (SEC) en payant une pénalité de 5 millions de dollars.

Les autres valeurs du secteur s'inscrivaient en repli, comme Julius Bär (-0,8%) et Credit Suisse (-1,1%). La banque aux deux voiles devrait atteindre son objectif de rentabilité au quatrième trimestre, malgré les vents contraires, note un analyste de la Deutsche Bank.

Roche (-0,6%) reculait aussi. Le géant bâlois et sa filiale américaine Genentech ont obtenu lundi soir de l'autorité sanitaire américaine (FDA) le statut de traitement de maladie orpheline pour le candidat mosunetuzumab. L'autre poids lourd Novartis accusait une perte de 0,3%.

Novartis perdait 1,3%. Sa filiale Sandoz, spécialisée dans les biosimilaires, va collaborer avec le laboratoire Ares Genetics dans la lutte contre les résistances aux antibiotiques.

L'action ABB (-0,5%) limitait ses pertes par rapport à la clôture de la veille (-1,8%). Le conglomérat n'a pas ému les investisseurs en annonçant lundi vendre sa division d'équipements pour réseaux électriques (Power Grids) à son homologue japonais Hitachi.

Sur le marché élargi, Wisekey caracolait en tête (+8,1%). L'entreprise table sur une solide performance en 2018 avec un chiffre d'affaires attendu en hausse de 23% sur un an à 53 millions de dollars.

Le développeur et exploitant de résidences de vacances Orascom Development Holding s'affichait en hausse (+0,7%). ODH s'apprête à lancer à El Gouna, sur les bords de la mer Rouge, deux hôtels en partenariat avec le voyagiste britannique Thomas Cook, pour une capacité totale de près de 250 chambres. Le directeur général a aussi annoncé des résultats record attendus cette année en Egypte et un fort intérêt de la clientèle pour un projet au Caire.

Idorsia reculait de 1,8% après avoir ouvert dans le vert. Le laboratoire a indiqué mardi que les études cliniques de phase II sur le selatogel, récepteur antagoniste PSY12, ont atteint leurs objectifs.

Dormakaba aussi chutait (-2,7%). UBS a fortement abaissé son objectif de cours à 560 francs, contre 600 précédemment. La croissance et l'évolution des marges du spécialiste des techniques de sécurité seront inférieures à celles de la concurrence, a relevé un analyste de la banque.

ck/al

(AWP / 18.12.2018 11h30)