Brésil : l'ex-président Cardoso pour la destitution de Dilma Rousseff

Rio de Janeiro - L'ex-président brésilien Fernando Henrique Cardoso (1995-2003) a apporté dimanche son soutien à la procédure de destitution de la présidente Dilma Rousseff, actuellement étudiée au Parlement, soulignant qu'il s'agissait de la volonté populaire.

Le 13 mars, lors d'une vaste manifestation anti-gouvernement qui a réuni trois millions de Brésiliens, les rues ont crié démission, fin, impeachment, a noté l'ancien président social-démocrate, dans un entretien au journal O Estado de Sao Paulo.

Samedi, un sondage de l'institut Datafolha chiffrait à 68% l'appui des Brésiliens à cette procédure, huit points de plus qu'en février.

M. Cardoso, 84 ans, du parti d'opposition PSDB, avait par le passé exprimé des doutes vis-à-vis d'une éventuelle destitution de la présidente de gauche, mais cette perception a changé, peu à peu, a-t-il raconté au quotidien.

Avec l'incapacité aujourd'hui du gouvernement à fonctionner (...), je pense que maintenant le chemin à suivre est l'impeachment, a-t-il expliqué, même si ce processus sera douloureux. Mais l'impeachment est aussi douloureux que d'assister au déclin de l'économie et de la société.

Le Brésil, première économie d'Amérique latine qui accueillera en août les jeux Olympiques de Rio, est actuellement paralysé par la récession et la tempête politico-judiciaire autour du scandale de corruption Petrobras, qui touche de plein fouet le Parti des travailleurs (PT) au pouvoir.

Samedi, un sénateur de gauche, Delcidio Amaral, a accusé la présidente d'avoir hérité et bénéficié directement du réseau de pots-de-vin monté autour du groupe pétrolier d'Etat.

Si l'ex-président Luiz Inacio Lula da Silva (2003-2010), soupçonné par la justice de corruption et blanchiment d'argent, dirigeait le système, Dilma aussi savait tout, a-t-il ajouté dans un entretien à l'hebdomadaire Veja.

L'avenir de Dilma Rousseff, soupçonnée d'avoir maquillé les comptes publics l'année de sa réélection, en 2014, dépend lui du bon vouloir d'une Commission spéciale de 65 députés, qui a entamé vendredi ses travaux et souhaite rendre un premier avis d'ici un mois.

Son rapport sera soumis à l'Assemblée plénière des députés: si les deux tiers (342 sur 513) se prononcent en faveur de la mise en accusation de la présidente, celle-ci sera écartée de ses fonctions pendant 180 jours maximum. Il faudrait ensuite les deux tiers des sénateurs (54 sur 81) pour la destituer.

(©AFP / 20 mars 2016 15h32)
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