Brésil : le procureur qui accuse Temer maintenu sur le dossier

Brasilia - La Cour suprême du Brésil (STF) a rejeté mercredi à l'unanimité la demande de la défense du président Michel Temer de récusation du procureur général Rodrigo Janot dans les affaires de corruption concernant le chef de l'Etat.

Les avocats de M. Temer avaient dénoncé une "persécution obsessionnelle" de la part du procureur qui agit, selon eux, animé par des "motivations personnelles".

Mais leurs arguments n'ont pas trouvé écho auprès des juges de la Cour suprême, qui ont rejeté la demande par neuf voix contre zéro.

"Il n'y a pas le moindre doute au sujet de la manière dont ce dossier est mené, c'est la raison pour laquelle la Cour rejette le recours à l'unanimité", a affirmé la présidente du STF, Carmen Lucia.

Cette décision de la plus haute juridiction brésilienne survient avec en toile de fond la présentation dans les prochains jours par M. Janot d'une nouvelle mise en accusation de M. Temer, pour obstruction à la justice.

Le procureur général doit quitter son poste en fin de semaine, son mandat arrivant à son terme, et sera remplacé par Raquel Dodge, magistrate désignée par le président.

Fin juin, le chef de l'Etat avait déjà été officiellement accusé de corruption passive, mais était parvenu à empêcher l'ouverture d'un procès à son encontre en obtenant une large majorité au Parlement.

Ces accusations sont fondées sur les révélations du magnat de l'agroalimentaire Joesley Batista, qui a noué un accord avec la justice dans l'espoir d'éviter la prison pour son implication dans plusieurs affaires de corruption.

Propriétaire du géant de la viande JBS, il a notamment enregistré le président à son insu au moment où il semblait donner son aval pour acheter le silence d'un député aujourd'hui en prison.

Mais l'accord de collaboration a été suspendu dimanche et Joesley Batista a été placé en détention provisoire, soupçonné d'avoir omis de fournir des éléments aux enquêteurs.

La Cour suprême devait aussi statuer mercredi sur une autre demande de la défense de M. Temer, mercredi, mais la séance a été reportée à une date ultérieure.

Les avocats souhaitaient empêcher toute nouvelle mise en accusation le temps d'établir la validité des preuves recueillies dans le cadre cette collaboration.

Ces débats ont eu lieu dans un climat de haute tension entre l'exécutif et le judiciaire.

Mercredi, le président brésilien s'est dit victime de "faux témoignages" de la part de "bandits qui bâtissent des versions reposant sur des ouï-dire pour obtenir l'impunité".

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JBS SA


(©AFP / 14 septembre 2017 00h30)
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