Brexit: May évoque de nouvelles "discussions dans les prochains jours" avec l'UE

Bruxelles - La Première ministre britannique Theresa May a affirmé vendredi qu'il y aurait de nouvelles discussions "dans les prochains jours" avec l'UE pour obtenir davantage de garanties sur l'accord de Brexit, à l'issue d'un sommet européen à Bruxelles.

Les "discussions avec mes collègues aujourd'hui ont montré qu'il est en fait possible d'avoir des clarifications supplémentaires", a-t-elle dit devant la presse. "Nous aurons des discussions dans les prochains jours", a-elle ajouté.

Les dirigeants des 27 ont martelé jeudi que l'accord de divorce négocié pendant 17 mois avec l'UE, et vivement contesté par les députés britanniques qui doivent le ratifier, ne "peut pas être renégocié".

Les Européens ont toutefois consenti à rappeler dans les "conclusions" écrites du sommet que le fameux "backstop" lié à la frontière irlandaise, au coeur des débats au Royaume-Uni, n'avait vocation à s'appliquer que "temporairement".

Et ils se sont dits "fermement déterminés à travailler rapidement" d'ici au 31 décembre 2020, fin de la période de transition qui doit suivre le départ britannique, pour éviter la mise en place de cette mesure.

Ce "filet de sécurité" est la solution imaginée dans l'accord de divorce pour éviter le retour d'une frontière physique entre l'Irlande et la province britannique d'Irlande du Nord, qui mettrait en péril les accords de paix sur l'île.

Elle prévoit la création d'un "territoire douanier unique" englobant l'UE et le Royaume-Uni après la transition post-Brexit. Il n'aurait vocation à s'appliquer qu'en cas d'échec des négociations à venir sur les futures relations commerciales ambitieuses que souhaitent établir Londres et les 27.

Mais les "Brexiters" y voient un "piège" risquant de maintenir leur pays de manière indéfinie dans une union douanière avec l'UE.

Les conclusions du sommet des 27, destinées à rassurer les députés britanniques, "ont un statut légal et sont donc les bienvenues", a salué devant la presse Theresa May, alors que des sources européennes ont affirmé que ce texte n'était pas "juridiquement contraignant".

Mais les députés "vont avoir besoin d'assurances supplémentaires", a plaidé la dirigeante britannique pour justifier la poursuite de discussions.

"J'ai eu une discussion musclée avec Jean-Claude Juncker", a par ailleurs confirmé Mme May, interrogée sur des images d'un échange animé avec le président de la Commission européenne, qui a reproché hier au Royaume-Uni d'avoir des demandes trop vagues.

(©AFP / 14 décembre 2018 14h25)