Brexit: pas d'impact pour EDF et son projet nucléaire à Hinkley Point

Paris - Le Brexit n'a pas d'impact sur l'activité et la stratégie d'EDF au Royaume-Uni, notamment son projet de construire une nouvelle centrale nucléaire à Hinkley Point (Angleterre), a déclaré vendredi le PDG de l'électricien public français, Jean-Bernard Lévy.

Aujourd'hui, nous estimons que ce vote n'a pas d'impact sur notre stratégie, et notre stratégie (...) pour notre filiale britannique n'est pas modifiée, a assuré le dirigeant à des journalistes, avant de décoller pour Perpignan où il a inauguré un nouveau parc éolien d'EDF.

Notre stratégie d'entreprise n'est pas liée à l'appartenance politique de la Grande-Bretagne à l'Union européenne, donc nous n'avons pas de raison de changer cette politique, a-t-il ajouté.

EDF Energy, la filiale britannique d'EDF, dit produire environ un sixième de l'électricité du Royaume-Uni, par le biais de centrales nucléaires, thermiques ou éoliennes qui alimentent environ 5,5 millions de particuliers et d'entreprises. Elle emploie environ 15.000 personnes.

Jean-Bernard Lévy a notamment dit ne pas craindre une remise en cause de la construction de deux réacteurs nucléaires EPR à Hinkley Point (sud-ouest de l'Angleterre), un gigantesque projet de 18 milliards de livres (environ 22 milliards d'euros au taux de change actuel) contesté par les syndicats français du groupe et pour lequel une décision finale d'investissement se fait attendre.

Je voudrais juste souligner que, dans les derniers jours, il est apparu clairement que les porte-parole du camp du Brexit sur les sujets d'énergie, en particulier Mme Andrea Leadsom - qui est la secrétaire d'État à l'Energie (...) -, à de nombreuses reprises et encore ces derniers jours, a pris position en faveur du maintien de la politique de décarbonation, du maintien du choix du nucléaire et du maintien du projet Hinkley Point. Donc, nous n'avons aujourd'hui pas de conséquences à tirer de ce vote, a souligné le PDG.

Interrogé lors d'une conférence de presse, le ministre des Finances MIchel Sapin a souligné que le projet d'Hinkley point n'était pas un projet d'investissement dans le cadre de l'Union européenne mais un projet d'investissement entre deux pays, donc indépendant de la question européenne.

Nous souhaitons évidemment que les évévenements liés au Brexit n'aient pas de conséquences sur ce projet franco-britannique, a-t-il ajouté.

Le comité central d'entreprise d'EDF, qui doit se prononcer sur ce projet - avec une séance prévue le 4 juillet -, a engagé cette semaine des démarches pour saisir la justice afin d'obtenir des documents supplémentaires, estimant qu'il ne dispose pas de tous les éléments pour émettre valablement un avis. L'audience a été fixée au 22 septembre, ont indiqué vendredi à l'AFP deux sources proches du dossier.

Interrogé, EDF, qui a assuré mercredi avoir fourni une information complète au CCE, n'a pas souhaité commenter.

La décision finale d'EDF sur le projet Hinkley Point était initialement attendue début mai, après un précédent report.

M. Lévy s'est également voulu rassurant sur l'impact financier de la chute de la livre sterling sur les comptes d'EDF. Nous sommes un opérateur sur les marchés comme toute grande entreprise, et nous avons fait en sorte de ne pas prendre de position dite directionnelle. C'est-à-dire que nous sommes dans une situation de neutralité vis-à-vis des mouvements qui pourraient se produire sur les marchés, a-t-il dit.

Les économistes de marché pensent que la livre va baisser mais si la monnaie baisse, l'économie devient plus compétitive. Je pense que nous devons nous adapter à des situations économiques ou à des taux de change qui peuvent évoluer, a-t-il précisé.

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(©AFP / 24 juin 2016 19h01)