Budget italien: Bruxelles affiche son pessimisme sur le déficit de Rome

Le vice-président de la Commission européenne, Valdis Dombrovskis à Bruxelles, le 20 juin 2018 / © AFP/Archives / JOHN THYS
Le déficit public italien devrait considérablement s'accroître au cours des deux prochaines années si Rome met en oeuvre les mesures prévues dans son budget 2019, rejeté par Bruxelles, a estimé jeudi la Commission européenne.

Dans ses prévisions d'automne, l'exécutif européen estime que le déficit de l'Italie atteindra 2,9% de son produit intérieur brut (PIB) l'an prochain, puis 3,1% en 2020, soit bien au-delà des prévisions de Rome, qui table sur 2,4% en 2019 et 2,1% l'année suivante.

Bruxelles avait rejeté le 23 octobre le projet de budget italien pour 2019, une première dans son histoire, jugeant largement en dehors des clous européens les chiffres présentés par la coalition populiste au pouvoir, formée de la Ligue (extrême droite) et du Mouvement Cinq Etoiles (M5S, antisystème).

Dans ses prévisions de jeudi, la Commission franchit un pas de plus en estimant donc que ces chiffres sont loin de la réalité et insuffisants pour réduire l'énorme dette italienne, qui devrait selon elle se stabiliser autour de 131% du PIB au cours des deux prochaines années.

L'Italie a jusqu'au 13 novembre pour présenter un budget révisé, sans quoi elle s'expose à l’ouverture d'une "procédure pour déficit excessif", susceptible d'aboutir à des sanctions financières.

La Commission a par ailleurs légèrement revu à la baisse sa prévision de croissance pour la zone euro en 2019, mais maintenu celle de 2018, mettant en garde contre "une incertitude croissante au niveau mondial".

L'exécutif européen table sur une croissance maintenue à 2,1% cette année, mais en légère perte de vitesse à 1,9% en 2019, contre 2,0% lors de sa dernière évaluation en juillet dernier. La croissance devrait continuer de ralentir en 2020, pour atteindre 1,7%.

"L'incertitude et les risques, tant externes qu'internes, progressent et commencent à peser sur le rythme de l'activité économique", a souligné le vice-président de la Commission européenne, Valdis Dombrovskis.

Parmi ces risques sont pointées du doigt les tensions commerciales internationales, la hausse des prix du pétrole, mais aussi "la perspective d'un ralentissement de l'amélioration du marché du travail", ainsi que l'issue des négociations du Brexit.

"Dans un environnement international de plus en plus incertain, les décideurs politiques, tant à Bruxelles que dans les capitales nationales, doivent veiller à ce que la zone euro soit suffisamment forte pour faire face à ce que l'avenir nous réserve", a commenté le commissaire européen aux Affaires économiques, Pierre Moscovici.



(©AFP / (08 novembre 2018 11h50)


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