Budget italien: Rome doit "suivre les règles du club" européen (Lagarde)

Nusa Dua (Indonésie) - L'Italie, en tant que membre de la zone euro, doit "respecter les règles du club" en termes de discipline budgétaire, a insisté jeudi la directrice générale du FMI Christine Lagarde, alors que Rome prépare un budget prévoyant un bond du déficit du pays.

"Quand on appartient à un club, et qu'on décide d'y rester, il faut respecter les règles du club", et "cela s'applique certainement aux engagements italiens de discipline budgétaire", a souligné Mme Lagarde, en marge d'une conférence sur l'île indonésienne de Bali.

La coalition populiste au pouvoir en Italie, en décidant d'un déficit à 2,4% du PIB sur les trois prochaines années, a provoqué la semaine dernière l'irritation de Bruxelles et de vives tensions sur les marchés financiers.

Ce projet de budget a été jugé "hors des clous" des règles de la zone euro par le commissaire européen Pierre Moscovici, qui a qualifié la dette publique italienne "d'explosive".

A environ 132% de son PIB, l'Italie affiche le ratio d'endettement le plus élevé de la zone euro après la Grèce.

Dans l'attente de l'adoption finale de la loi de finances italienne, "il y a des inquiétudes sur ce qui a été dit, plutôt que sur ce qui a été fait", a également observé Christine Lagarde, en marge d'une réunion du Fonds monétaire international (FMI) à Bali.

"Quand les autorités italiennes soumettront véritablement leur budget, alors la Commission européenne et leurs partenaires pourront évaluer la distance entre la rhétorique et les chiffres réels" entérinés par Rome, a espéré la directrice du FMI.

Au terme d'un dur et long bras de fer avec le ministre modéré des Finances, Giovanni Tria, le Mouvement 5 étoiles (M5S, antisystème) et la Ligue (extrême droite), au pouvoir à Rome, ont obtenu gain de cause sur un bond du déficit public.

Ce dernier atteindra 2,4% en 2019, alors que le précédent gouvernement de centre gauche visait 0,8%, et le même chiffre en 2020 et 2021.

Le vice-Premier ministre italien Matteo Salvini a prévenu en début de semaine que son gouvernement populiste ne ferait "pas marche arrière" sur son projet de budget, tout en fustigeant les "spéculateurs" misant selon lui sur la "faillite du pays".

Le M5S et la Ligue estimaient ce déficit nécessaire pour pouvoir appliquer leurs promesses électorales, dont un "revenu de citoyenneté" de 780 euros par mois pour les plus démunis, un système de retraites plus généreux et des baisses d'impôts.

"La loi de finances ne changera pas", a répété M. Salvini mercredi. "Nous ne retournerons pas en arrière parce que c'est un budget qui aide le pays. Point".

(©AFP / 11 octobre 2018 05h57)
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