CETA : Roumanie et Bulgarie lèvent leurs réserves après un accord sur les visas avec le Canada

Bruxelles - La Roumanie et la Bulgarie ont annoncé vendredi avoir levé leurs réserves quant à une signature du Traité de libre-échange avec le Canada (CETA) après avoir conclu un accord d'exemption de visas avec ce pays.

Nous avons reçu des garanties écrites nous assurant que le régime des visas serait abandonné pour nos ressortissants. En conséquence, nous approuvons le Traité, a déclaré le Premier ministre bulgare Boïko Borissov dans un communiqué.

Le président roumain Klaus Iohannis avait annoncé plus tôt dans la journée avoir conclu avec le Canada un accord raisonnable pour les deux parties, et n'avoir plus aucune objection à opposer au CETA.

Les deux pays exigeaient de longue date une levée de l'obligation de visas canadiens pour leurs ressortissants, dont bénéficient déjà les autres pays de l'UE, comme condition préalable à leur accord.

La signature du traité, théoriquement prévue pour le 27 octobre, reste suspendue au feu vert de la région belge de Wallonie, qui refuse de donner les pleins pouvoirs à Bruxelles pour parapher l'accord en raison d'une série de problèmes qu'elle pointe dans le texte.

Réunis en sommet à Bruxelles jeudi et vendredi, les Vingt-Huit se sont séparés sans être parvenus à arracher de consensus.

En pratique, le Canada renoncera à partir du 1er mai 2017 aux visas pour les Roumains et les Bulgares qui en ont déjà obtenu par le passé, avant une levée complète à partir du 1er décembre 2017.

Durant trois ans, Ottawa pourra toutefois revenir temporairement à un régime de visas, si le nombre d'immigrants illégaux atteint un seuil important, a reconnu M. Iohannis.

Cette levée des visas est subordonnée à une entrée en application du Ceta, ont rappelé les dirigeants bulgare et roumain.

A ce sujet, M. Borissov a appelé la Wallonie à infléchir sa position, soulignant que son hostilité au traité crée de l'incertitude. (...) Avec tout mon respect pour toutes les spécificités constitutionnelles, cela ne semble pas approprié, a-t-il estimé.

Le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker s'est dit confiant vendredi de trouver une issue dans les prochains jours au blocage de la signature par la Wallonie.

(©AFP / 21 octobre 2016 16h01)