CGT et FO pour le report du projet d'EDF de construction de deux EPR en Angleterre

Paris - Les fédérations CGT et FO de l'énergie ont demandé à leur tour lundi le report du lancement par EDF du projet de construction de deux réacteurs nucléaires EPR à Hinkley Point, au Royaume-Uni, qu'elles jugent depuis longtemps risqué pour l'électricien français.

Dans deux communiqués distincts intitulés Ne confondons pas vitesse et précipitation et Il est urgent d'attendre, les fédérations CGT et FO mettent en garde contre le danger potentiel pour EDF de ce projet d'un coût de 18 milliards de livres (24,5 milliards d'euros), supporté aux deux tiers par l'électricien.

Elles demandent qu'il soit différé (FNME-CGT), décalé d'au moins deux à trois ans (FO).

La fédération CFE-CGC avait déjà demandé que le projet Hinkley Point, que tous les syndicats jugent très risqué pour l'existence même d'EDF, soit a minima reporté.

Pour FO, le soutien apporté vendredi au projet par le ministre de l'Économie est manifestement le signe de la fébrilité qui monte autour de ce dossier, qui doit encore faire l'objet d'une décision finale d'investissement, ultime étape avant qu'il ne se concrétise.

Ce projet est important pour EDF et Areva, a affirmé Emmanuel Macron lors de ses voeux à la presse. Nous réaffirmerons très clairement nos engagements sur le projet Hinkley Point, a-t-il ajouté.

Les syndicats font valoir qu'aucun des EPR en construction dans le monde (Flamanville, Taishan 1 et 2 en Chine et Olkiluoto en Finlande) n'est encore en fonctionnement et qu'il faut attendre de bénéficier pleinement du retour d'expérience de leur démarrage, dit FO.

Cette phase est fondamentale pour avancer vers une meilleure maîtrise industrielle, souligne la FNME-CGT, tandis que la CFE-CGC pose une question de bon sens : comment vendre un projet (au Royaume-Uni, ndlr) alors que le prototype (le réacteur EPR de Flamanville) est encore en cours de construction?

La CGT insiste aussi sur la situation financière délicate d'EDF, endetté à hauteur de 37,5 milliards d'euros à fin juin, qui est déjà en tension sur son programme industriel pour le grand carénage (maintenance lourde des centrales nucléaires françaises pour allonger leur durée de vie). Or, réussir le grand carénage est la priorité des priorités, pour FO, comme pour la CGT et la CFE-CGC.

Dans leur droit d'alerte lancé le 10 décembre, les élus (CGT, CFE-CGC, CFDT et FO) du comité central d'entreprise d'EDF s'interrogeaient déjà sur les modalités économiques du projet Hinkley Point.

sp/jg/ide

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(©AFP / 01 février 2016 16h22)