CNUCED: les investissements directs dans les pays développés se redressent

Genève (awp/ats) - Les investissements étrangers directs (IED) dans les pays développés se redressent, après avoir fortement baissé, a affirmé mardi l'ONU. Pour les experts de la CNUCED, cette tendance va se poursuivre en 2015 dans un contexte de hausse modérée des flux mondiaux.

Selon le rapport de la Conférence des Nations Unies pour le commerce et le développement (CNUCED) sur l'investissement dans le monde, l'IED a augmenté de 9% en 2013, pour s'élever à 1450 milliards de dollars. L'agence de l'ONU prévoit que les flux mondiaux s'élèveront à 1600 milliards en 2014 (+12%), pour atteindre 1750 milliards en 2015 (+8%) et 1850 milliards (+6%) en 2016.

Cette croissance est stimulée par la reprise des investissements dans les pays développés, a expliqué le directeur de la division de l'investissement et des entreprises à la CNUCED James Zhan. En raison de la fragilité de certains marchés émergents et les risques liés à des conflits, la répartition régionale des entrées d'IED reviendra à sa structure d'avant la crise financière de 2008: les pays développés capteront à nouveau la plus grande partie de l'IED mondial, a-t-il indiqué.

EN HAUSSE DE 9,5%

Après avoir enregistré une forte baisse en 2012 (-41%), l'IED dans les 39 pays développés a commencé à se redresser en 2013, avec des entrées de 566 milliards, en hausse de 9,5%. Les sorties se sont établies à 857 milliards, un montant inchangé d'une année sur l'autre, selon le rapport de la CNUCED.

La CNUCED relève que la reprise des fusions-acquisitions ne s'est pas matérialisée avant le premier trimestre 2014. Les entrées et les sorties des pays développés sont restées l'an dernier pratiquement inférieures de moitié aux montants records enregistrés en 2007. Pour l'Europe, les montants ont été d'un quart inférieurs.

Mais l'agence de l'ONU table sur la poursuite du redressement des investissements transfrontaliers en Europe et en Amérique du Nord. Selon les prévisions de la CNUCED, la part des flux mondiaux d'IED reçue par les pays développés pourrait atteindre 763 milliards en 2014 (+35%), 887 milliards en 2015 (+16%) et 970 milliards en 2016 (+9,5%), soit 52% du total de l'IED, après avoir chuté à moins de 40% du total en 2012 (517 milliards).

LA SUISSE L'UN DES PREMIERS INVESTISSEURS

L 'an dernier en Europe, la hausse des entrées de l'IED est restée faible (+3%), à 251 milliards. Si les entrées d'IED ont enregistré une forte augmentation en Allemagne, elles ont nettement diminué en France et au Royaume-Uni.

Les investissements des pays européens à l'étranger ont, eux, progressé de 10% pour atteindre 328 milliards. En raison de la faiblesse des investissements de plusieurs autres pays, la Suisse a été en 2013 le premier investisseur direct de l'Europe à l'étranger.

Selon le rapport de la CNUCED, la Suisse a été l'an dernier le 6e pays d'origine de l'IED à l'échelle mondiale, avec 60 milliards de sorties, après les Etats-Unis (338 milliards), le Japon (136 milliards), la Chine (101 milliards), la Russie (95 milliards), Hong Kong (92 milliards), devant l'Allemagne (58 milliards).

PAYS EN DÉVELOPPEMENT: UN PIC

En 2013, les entrées d'IED dans les pays en développement ont atteint un pic, à 778 milliards, soit 54% du total mondial. Mais leur croissance s'est ralentie à 7%, contre 17% en moyenne ces dix dernières années. La CNUCED prévoit des flux en légère baisse de 764 milliards en 2014 et de 776 milliards en 2015 pour ces pays.

L'Asie reste la première région d'accueil de l'IED, avec 30% des flux mondiaux, en hausse de 4% à 382 milliards. Avec 124 milliards d'entrées, la Chine s'est à nouveau classée au 2e rang mondial, après les Etats-Unis (188 milliards). En Asie, Hong Kong suit avec près de 78 milliards, devant Singapour (64 milliards) et l'Inde (25 milliards).

ECONOMIES EN TRANSITION

La croissance des flux pour les économies en transition va également ralentir, après le record atteint l'an dernier de 108 milliards (+28%). En Russie, les entrées d'IED ont augmenté de 57% à 79 milliards, ce qui en a fait en 2013 le 3e pays d'accueil sur le plan mondial. Partiellement en raison de la crise en Ukraine, ces flux vers les pays en transition devraient baisser à 92 milliards en 2014 et 85 milliards en 2015, selon la CNUCED.

Les apports en Amérique latine et dans les Caraïbes ont augmenté de 6% l'an dernier à 182 milliards, le Brésil accusant un recul de 2% à 64 milliards. L'IED a augmenté de 4% seulement en Afrique à 57 milliards, et de 14% vers les 49 pays les moins avancés à 28 milliards.

ats/jq



(AWP / 24.06.2014 19h30)