Canaries: une majorité d'habitants contre la recherche d'hydrocarbures

Madrid - Les trois-quarts des habitants des îles Canaries sont opposés aux prospections pétrolières dans la région, selon une étude présentée lundi par le gouvernement de l'archipel espagnol, opposé à ce projet.

Quelque 75,4% des 2.772 personnes interrogées se déclarent contre la recherche d'hydrocarbures au large de l'archipel situé dans l'Atlantique, face au Maroc, selon cette enquête finançée par les autorités locales et réalisée entre les 7 et 19 novembre. A l'inverse, 15,4% y sont favorables, le reste ne se prononçant pas.

L'opposition la plus forte s'est manifestée dans les îles de Lanzarote (83,8% ) et Fuerteventura (72,9%), les plus proches de l'endroit où l'entreprise pétrolière espagnole Repsol procède actuellement à des prospections en haute mer dans l'espoir de trouver des hydrocarbures, ainsi qu'à Grande Canarie (80,5%).

Les raisons les plus souvent évoquées sont le risque de pollution des eaux et des plages, ainsi que de rejets dangereux pour la faune et la flore.

A l'inverse, les partisans des prospections pensent en grande majorité qu'elles pourraient soutenir l'emploi aux Canaries, où le taux de chômage frôle les 34%, contre 24% pour l'ensemble du pays.

Repsol cherche depuis le 18 novembre des hydrocarbures à une cinquantaine de kilomètres au large des côtes de Fuerteventura et Lanzarote, à 3.000 mètres de profondeur. En cas de résultats concluants, la société a le feu vert du gouvernement pour procéder à deux autres sondages dans la région.

Le gouvernement régional avait d'abord prévu de consulter les habitants de l'archipel par référendum le 23 novembre mais Madrid a fait bloquer cette consultation par le Tribunal constitutionnel.

L'opposition vient aussi des associations écologistes, dont Greenpeace, qui a dépêché son navire Arctic Sunrise sur place.

Ce dernier a été immobilisé par les autorités espagnoles le 19 au port d'Arrecife (Lanzarote), pour s'être approché quelques jours auparavant du bâteau utilisé par Repsol, en dépit d'une zone d''exclusion maritime mise en place dans la zone de prospection.

L'ONG doit verser une caution de 50.000 euros pour pouvoir quitter le port, ce qu'elle refuse, avançant que cette garantie n'est pas nécessaire, puisqu'il s'agit d'un navire européen, battant pavillon des Pays Bas.

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REPSOL

(©AFP / 24 novembre 2014 19h03)