Catalogne: Madrid tombe dans l'abus de pouvoir en agissant contre un vote symbolique

Barcelone - L'exécutif catalan a considéré vendredi que la décision de Madrid de chercher à interdire un vote symbolique sur l'indépendance prévu le 9 novembre relevait de l'abus de pouvoir et qu'il irait de l'avant, tout en envisageant aussi à son tour des actions juridiques.

Le gouvernement central fait preuve d'abus de pouvoir et de droit, a déclaré son président Artur Mas en accusant Madrid de se servir du tribunal constitutionnel pour résoudre des conflits politiques, ce qui n'est pas sa vocation, et promettant d'aller de l'avant notamment en étudiant aussi des voies de recours.

Les accusations de M. Mas, un nationaliste conservateur du parti calatan Convergencia i Unio (CiU) interviennent après la décision prise par Madrid de saisir le Tribunal constitutionnel contre la consultation symbolique prévue le 9 novembre.

Le tribunal devrait en principe se prononcer en début de semaine, à quelques jours seulement du vote dont l'organisation a commencé.

Cette consultation sans valeur légale avait remplacé un référendum consultatif sur l'indépendance interdit par le tribunal constitutionnel le 29 septembre.

Elle avait été annoncée le 14 octobre par Artur Mas pour ne pas décevoir les indépendantistes catalans -- représentant entre un tiers et la moitié des habitants selon les sondages -- et qui attendaient de pied ferme ce référendum consultatif promis depuis deux ans.

Pour rester dans la légalité, la Generalitat avait renoncé à un référendum en bonne et due forme et fait appel à des bénévoles pour l'organisation du scrutin sans recensement électoral, sans commission électorale et sans valeur légale mais à laquelle elle entendait donner un grand poids politique.

Défendant la légalité de ce vote symbolique M. Mas a dit qu'on ne peut pas l'arrêter et a appelé le peuple de Catalogne à donner le 9 novembre une grande leçon de démocratie et de civisme en participant.

Quelque 40.000 volontaires se sont inscrits pour l'organisation du scrutin, a-t-il souligné en insistant sur le fait que l'exécutif catalan souhaitant tout simplement connaître l'opinion de la citoyenneté.

(©AFP / 31 octobre 2014 19h16)