Centrafrique: au moins 25 morts dans des affrontements entre ex-rebelles

Bangui - Au moins 25 combattants ont été tués lundi dans des affrontements entre deux factions rivales de l'ex-rébellion Séléka à Bambari, dans le centre de la Centrafrique, où les violences se poursuivaient mardi à la mi-journée, a indiqué une source au sein de la force africaine Misca.

Au moins 25 personnes, tous des ex-combattants Séléka, ont été tuées lundi dans de violents affrontements qui ont éclaté dans le centre de Bambari entre deux groupes armés, a déclaré à l'AFP un officier de la Misca, s'exprimant sous couvert d'anonymat.

Un précédent bilan faisait état de 17 morts.

Des tirs ont repris à Bambari et étaient toujours entendus en fin de matinée, alors que le centre de Bambari est survolé en permanence par un hélicoptère de la force française Sangaris, selon l'officier de la Misca.

Les forces française Sangaris et africaine Misca ainsi que des éléments de la gendarmerie et de la police centrafricaines s'activent à protéger les civils, a affirmé cette source.

Les combats mettent aux prises le groupe du général Joseph Zoundéko, chef d'état-major de l'ex-coalition Séléka installé à Bambari, et celui du général Ali Djarras, comprenant des Peuls armés qui circulent dans région, a ajouté le même officier.

Selon une source proche de l'ex-coalition rebelle, les relations entre les différentes factions connaissent une certaine tension liée à la perception de dividendes provenant des sociétés de téléphonie mobile par un camp au détriment des autres.

La Séléka, qui avait pris le pouvoir à Bangui en mars 2013 avant d'en être chassée en janvier 2014 après l'intervention des forces française et africaine, apparaît aujourd'hui de plus en plus divisée sur le plan politique et militaire.

Ces nouvelles violences ont en tous cas replongé la ville de Bambari dans la peur et l'inquiétude et de nombreux habitants qui tentaient de quitter leur lieu de refuge ont regagné les sites des déplacés, a expliqué l'officier de la Misca.

La ville, où l'ex-coalition Séléka a installé en mai son nouvel état-major, avait été le théâtre de violents affrontements en juin et juillet, qui opposaient jusque-là des milices majoritairement chrétiennes anti-balaka à des éléments de l'ex-Séléka à dominante musulmane.

Bambari compte près de 30.000 déplacés, d'après le bureau des Nations unies pour les affaires humanitaires.

Les protagonistes de la crise - Séléka et anti-balaka notamment - ont signé fin juillet à Brazaville un accord de cessez-le-feu, mais il a été déjà violé à plusieurs reprises sur le terrain.

(©AFP / 26 août 2014 15h57)