Chine: nouveau retard pour l'AP1000, réacteur nucléaire rival de l'EPR

Pékin - Le démarrage en Chine du premier AP1000, un réacteur nucléaire de troisième génération conçu par l'américain Westinghouse en concurrence avec l'EPR français, va être encore une fois retardé en raison "d'inquiétudes sur la sécurité", selon un média officiel mardi.

Après de nombreux retards du chantier, ce réacteur construit à Sanmen, dans la province du Zhejiang (est), devait être prêt dès l'an dernier pour le chargement du combustible, ultime étape avant une mise en service en 2018, selon l'opérateur, le géant étatique CNNC.

Mais le chargement du combustible a été "suspendu" car l'autorité chinoise de sûreté nucléaire a exigé de nouveaux tests pour "s'assurer que la centrale répond aux normes les plus élevées en termes de sécurité", indique un porte-parole de CNNC cité par le China Daily, un quotidien d'Etat.

Aucun nouveau calendrier n'est précisé, ajoute le journal. Le réacteur de Sanmen doit être le tout premier AP1000 dans le monde à être mis en service.

L'AFP a tenté à plusieurs reprises, sans succès, de joindre CNNC.

En contraste avec cet énième report, l'EPR que construit le français EDF dans le sud de la Chine pourrait donc être le premier réacteur de troisième génération opérationnel dans le pays.

Le premier des deux réacteurs EPR de Taishan (province du Guangdong) doit démarrer mi-2018, après un chargement du combustible engagé le mois dernier.

Ce sera là aussi le premier EPR mis en activité dans le monde, avant ceux en chantier à Flamanville (France) et en Finlande.

De son côté, Pékin cherche à développer sa propre technologie: CNNC a commencé en 2015 à construire son premier Hualong-1, avec l'ambition ouverte de rivaliser à l'international avec l'EPR.

Westinghouse avait conclu en 2007 un accord pour établir en Chine quatre réacteurs AP1000 sur deux sites. Le groupe avait également lancé la construction de quatre autres exemplaires aux Etats-Unis.

Mais comme pour son concurrent français EPR, le déploiement de l'AP1000 a accumulé déboires, surcoûts et retards à répétition.

Résultat: Westinghouse, passé en 2006 sous le contrôle du japonais Toshiba, a accumulé près de 9 milliards de dollars de dette, jusqu'à son rachat le mois dernier par le canadien Brookfield Asset Management.

La Chine fait figure de terre promise dans l'atome civil, avec 38 réacteurs en activité ainsi que 20 en construction --soit un tiers des réacteurs en chantier dans le monde, tandis que près d'une quarantaine d'autres y sont en projet.

Pékin s'est fixé pour objectif de gonfler la capacité de son parc nucléaire à 58 gigawatts d'ici 2020, contre 36 GW actuellement.

jug/bar/mml

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(©AFP / 13 février 2018 06h41)
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