Climat: un fonds norvégien se retire de 27 exploitants de charbon

Oslo - Un important fonds de pension norvégien a annoncé lundi avoir cédé toutes ses parts dans 27 entreprises exploitant le charbon afin de contribuer à la lutte contre le changement climatique.

Le fonds KLP, qui gère 470 milliards de couronnes (54 milliards d'euros) d'actifs au profit de fonctionnaires et employés du secteur public, a cédé pour 386 millions d'actions et d'obligations dans ces compagnies minières ou énergétiques qui tirent l'essentiel de leurs revenus de l'exploitation du charbon.

La liste des entreprises exclues comprend les indiennes Reliance Power et Tata Power, l'américaine American Electric Power ou encore des chinoises comme China Coal Energy et China Shenhua Energy.

Un bon premier pas, s'est félicité Truls Gulowsen, responsable de Greenpeace Norvège.

Le KLP a par ailleurs déjà annoncé qu'il augmenterait de 500 millions de couronnes ses investissements dans le secteur des énergies renouvelables.

Nous avons essayé de trouver un équilibre raisonnable entre investissements dans la production d'énergies renouvelables, désengagement des exploitants de charbon et exercice de nos droits d'actionnaire, a indiqué Jeanett Bergan, responsable des questions éthiques chez KLP.

Le prochain pas, c'est d'influencer les entreprises pour qu'elles fassent leur révolution climatique et réduisent leurs émissions de CO2, a-t-elle ajouté dans un communiqué.

Grand frère du KLP, le fonds de pension public norvégien, le plus gros fonds souverain au monde, réfléchit lui aussi à un possible désengagement du capital des producteurs de sources d'énergie fossile (charbon mais aussi pétrole et gaz naturel).

Un rapport d'experts indépendants sur cette question doit être présenté mercredi.

Lundi, le KLP a aussi annoncé l'exclusion du producteur d'engrais canadien Agrium, à qui il reproche de s'approvisionner en phosphate depuis le Sahara occidental - territoire annexé par le Maroc -, ainsi que de trois entreprises se fournissant en coton produit en Ouzbékistan, un secteur qui a longtemps employé des enfants et qui recourt encore aujourd'hui au travail forcé.

Il a par contre décidé de réintégrer l'américain Yahoo!, exclu en 2005 après avoir fourni aux autorités chinoises des informations ayant permis l'arrestation d'un journaliste, un geste pour lequel le moteur de recherche a ensuite présenté ses excuses.

phy/cbw/gib

TATA POWER COMPANY

AEP - AMERICAN ELECTRIC POWER

AGRIUM

YAHOO!

(©AFP / 01 décembre 2014 13h20)