Comité d'urgence sur le virus Zika lundi à l'OMS

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) veut accélérer la réponse à l'extension du virus Zika en Amérique latine. Une réunion est convoquée lundi à Genève pour établir si l'épidémie constitue une urgence sanitaire internationale.

Ce Comité d'urgence du Règlement sanitaire international (RSI) doit se pencher sur la coordination à mener s'il arrive à cette conclusion, a dit jeudi devant la presse le directeur général adjoint de l'OMS Bruce Aylward. Une des raisons de cette réunion est aussi liée à l'augmentation de "l'attention publique", selon lui.

Le Comité se penchera également sur les recommandations pour freiner l'extension de l'épidémie et pour les pays concernés en termes de voyages et de relations commerciales. Sur une année, de 3 à 4 millions de personnes pourraient être infectées sur le continent américain, selon les estimations.

Quatre études en cours
Quatre investigations sont en cours pour comprendre l'épidémie. Le Brésil est le pays le plus touché. Il a totalisé depuis octobre dernier plus de 4000 cas suspects de microcéphalies, une malformation congénitale. Mais le ministère brésilien de la santé a affirmé mercredi que le nombre de nouveaux cas semblait diminuer.

Le lien entre le virus et l'augmentation de ces troubles "est fortement suspecté" mais n'est "toujours pas établi", a indiqué la directrice générale de l'OMS Margaret Chan Chan jeudi lors d'une session spéciale dans le cadre du Conseil exécutif de l'OMS.

Cet élément mais aussi la possible extension du virus, le manque d'immunisation de la population, l'absence de vaccin ou de traitement ou encore de diagnostic rapide préoccupent particulièrement l'organisation. Le moustique qui répand le virus est présent partout sur le continent américain, sauf au Canada et en Chili.

Influence d'El Niño
Le courant chaud El Niño devrait encore renforcer la population de ce moustique. "Nous devons nous concentrer sur le contrôle" de l'extension du virus et sur la mobilisation de tous les acteurs, notamment le secteur privé, a souligné de son côté la directrice de l'OMS pour le continent américain Carissa Etienne.

"Les taux d'infection élevés sont importants" dans cette région, selon elle, et le virus circule avec "intensité", selon un responsable du Règlement sanitaire international, Sylvain Aldighieri. Chacun peut prendre des mesures de prévention, comme ne pas laisser des canettes vides dans la nature, a souligné Mme Chan. Les femmes enceintes doivent être la priorité, dit-elle.

L'OMS soutient la hausse des mesures de surveillance dans les pays qui font face à des cas de Zika. Plusieurs d'entre eux ont été détectés en Europe sur des personnes rentrant d'Amérique latine.

La Suisse a rapporté mercredi deux cas d'infection sur des personnes revenues d'Haïti et de Colombie. Aucune des deux n'était enceinte et elles n'ont pas été hospitalisées, a précisé l'Office fédéral de la santé publique (OFSP).

Afrique et en Asie auparavant
La Colombie a décrété mardi le premier niveau d'alerte. Cette mesure permet aux hôpitaux de se préparer à répondre à une expansion de la maladie. Plus de 13'800 cas ont déjà été confirmés dans le pays, le deuxième le plus touché, et la Colombie prévoit plus de 600'000 cas d'infection cette année.

Comme la dengue et le chikungunya, Zika, qui tire son nom d'une forêt en Ouganda où il a été repéré pour la première fois en 1947, se transmet par piqûres de moustiques du genre Aedes aegypti et de moustiques tigres (Aedes albopictus).

Régions tropicales
Il est présent habituellement dans les régions tropicales en Afrique et en Asie, mais il s'est étendu dès 2007 et sa présence sur le continent américain a été confirmée en mai dernier.

Le moustique se déplace de la même manière dans les autres régions que pour les deux autres virus. La fièvre Zika, dont le premier cas humain a été rapporté en 1968 selon l'OMS, ne se transmet pas directement de personne à personne mais uniquement via une piqûre de moustique.

(ats / 28.01.2016 18h30)
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