Conférence environnementale: les écologistes mitigés demandent des gages

Paris - Deux ans après que Cécile Duflot eut parlé de discours historique de François Hollande à la conférence environnementale, les écologistes, désormais en conflit ouvert avec le gouvernement, se disent mitigés et réclament des gages avant le nouveau rendez-vous.

En 2012, Cécile Duflot, alors ministre du Logement, tweetait: je pèse mes mots, ce discours du président de la République est historique et infiniment émouvant à entendre pour une écologiste. Aujourd'hui les écologistes ont quitté le gouvernement et déchanté sur la vision écologiste de l'exécutif.

Il a été fondé beaucoup d'espoir sur ce quinquennat en matière environnementale et écologiste, et à mi-mandat, le bilan est mitigé, a déclaré Emmanuelle Cosse, secrétaire nationale d'Europe Ecologies-Les Verts (EELV).

Mitigé, car si les écologistes saluent ce que François Hollande a pu défendre à New York en septembre sur le fonds vert et qu'il ait dit que la loi de transition énergétique était un pan essentiel de son quinquennat, ils n'ont pas digéré l'abandon de l'écotaxe, un scandale d'Etat quand on voit la somme d'argent mobilisée. Un abandon qui a tué un principe extrêmement important en matière environnementale qui est le principe de pollueur-payeur, assure la patronne des écologistes.

Ils ne comprennent pas davantage la poursuites de projets comme le barrage de Sivens (Tarn) ou le Lyon-Turin. Il y a un enjeu de démocratie. C'est aussi de la responsabilité du président de la République de remettre à plat une série de grands projets qui sont critiqués par la cour des comptes, contestés localement et qui aujourd'hui sont même potentiellement irréalisables du point de vue des finances publiques, explique Yannick Jadot, eurodéputé EELV.

La mort de Rémi Fraisse lors d'une manifestation contre le barrage de Sivens a creusé le fossé entre les écologistes et le gouvernement de Manuel Valls. Sur ce dossier, EELV a pourtant eu l'appui de la ministre de l'Ecologie Ségolène Royal.

Avant la mort de Rémi Fraisse, cela faisait plusieurs semaines que nous étions écoutés par le ministère sur ce projet, reconnaissait début novembre Emmanuelle Cosse.

Il y a deux Ségolène Royal'-

Au sujet de Ségolène Royal justement, les écologistes sont également mitigés. Il y a deux Ségolène Royal, explique un parlementaire EELV : il y a la Ségolène Royal sur les grands projets, où elle ne cherche pas à faire du zèle pour qu'ils se fassent - et là, elle est plutôt une alliée - , et il y a la Ségolène Royal de l'écologie punitive.

La première écologiste de ce gouvernement, c'est Ségolène Royal, aime à dire Jean-Vincent Placé, elle réussit à influencer le président de la République. Un président que l'ancienne ministre Cécile Duflot juge maintenant sur la frange la moins écolo de sa génération.

Cette conférence environnementale arrive à un point très précis de ce quinquennat. On attend beaucoup des tables rondes, mais aussi des engagements présidentiels ainsi que ceux du Premier ministre qui clôturera cette conférence, prévient Emmanuelle Cosse. Cette conférence a un enjeu majeur. On est à un an de Paris 2015 (conférence sur le climat) et on est aussi à la moitié du quinquennat de François Hollande, insiste-t-elle.

Nous espérons toujours avoir des annonces en matière de fiscalité écologique (...) nous attendons des annonces en matière de mobilité et notamment en matière de financement de nouvelles infrastructures et des annonces fortes en matière de santé et environnement, a-t-elle rappelé lundi.

Les écologistes participeront donc à la conférence environnementale, parce que leur mission en tant que formation politique c'est d'y être pour dire un certains nombre de choses. Ce n'est pas parce qu'on est présents qu'on est contents, nuance cependant Emmanuelle Cosse.

(©AFP / 25 novembre 2014 12h27)