Contre l'ouverture à la concurrence des concessions hydrauliques, appel à la grève le 13 mars

Paris - Les salariés des quelque 400 concessions hydrauliques de France sont appelés à la grève le 13 mars pour défendre le maintien dans le service public de ce secteur que la France est sommée par Bruxelles d'ouvrir à la concurrence, a-t-on appris mardi de sources syndicales.

Cet appel à l'initiative de l'intersyndicale CFDT, CGT, CFE-CGC et FO intervient après une rencontre la semaine dernière avec le cabinet du Premier ministre et alors que le gouvernement semble vouloir accélérer sur ce dossier, selon les syndicats qui refusent que soient "bradés" les barrages.

Bruxelles a mis en demeure la France, en octobre 2015, d'ouvrir à la concurrence ses concessions. Propriétés à 100% de l'Etat, les barrages sont actuellement concédés en très grande majorité à EDF, qui détient environ 85% de la puissance installée, et à Engie, via ses filiales Compagnie nationale du Rhône (CNR) et Société hydroélectrique du Midi (Shem).

Très mobilisés depuis deux ans pour défendre le maintien dans le giron d'EDF notamment des concessions hydrauliques, les syndicats protestent, dans des communiqués séparés, contre des propositions faites par le gouvernement à Bruxelles.

"Il a été indiqué (lors de la réunion à Matignon le 7 février, ndlr) que la concurrence serait organisée par +paquets+ et que même si EDF présentait la meilleure offre, elle ne pourrait remporter l'intégralité des concessions au sein de chaque paquet", souligne FO.

EDF devrait "donc +perdre des concessions+ coûte que coûte, même si +réputé le meilleur+ aux appels d'offres des futurs paquets mis en concurrence. Un comble pour répondre à une mise en demeure émise par la Commissaire à la... concurrence", s'insurge la CFDT. "Disqualifier la meilleure offre, est-ce l'esprit de la concurrence libre et non faussée et dans l'intérêt des Français?", renchérit la CFE Energies.

"Comment peut-on décider de brader la production d'électricité hydraulique", s'interroge la CGT, en s'élevant contre le fait que l'Etat, "en bon soldat du libéralisme", ait avancé des propositions à Bruxelles sans en avoir discuté "avec les premiers concernés : les représentants des salariés et des entreprises".

"Parce que l'eau est un bien commun indispensable à la vie quotidienne, l'avenir de l'hydroélectricité ne peut se réduire à l'ouverture à la concurrence", conclut la CFE Energies.


(©AFP / 13 février 2018 16h43)
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