De la construction au projet repoussé de fermeture: les grandes dates de Fessenheim

Paris - De la construction au projet de fermeture, dont le décret a été annulé jeudi par le Conseil d'Etat, voici les grandes dates de Fessenheim, la doyenne des centrales nucléaires françaises:

- La construction -

La centrale de Fessenheim (Haut-Rhin) a commencé à être construite en 1970.

Ses deux réacteurs à eau pressurisée, d'une puissance d'environ 900 mégawatts (MW) chacun, sont mis en service en 1977 pour une durée de 40 ans.

L'Allemagne y détient une participation de 17,5% et la Suisse de 15%, ce qui leur donne droit à une part équivalente de la production.

- Des incidents et des contestations -

Dans les années 1990 et 2000 les incidents mineurs se succèdent: vanne mal refermée, défaut du système électrique, microfissures sur le couvercle d'un réacteur, erreur de manipulation d'un chimiste, pollution des eaux, fuite de fuel, contaminations légères d'employés ou d'intervenants...

L'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) dénonce en 2007 un "manque de rigueur" de la part d'EDF dans l'exploitation de la centrale.

Des associations françaises, allemandes et suisses et des députés européens écologistes demandent sa fermeture. Une étude suisse estime en 2007 que le risque sismique avait été sous-estimé à la construction, alors que le site repose sur une faille.

- Après Fukushima, la tension monte -

La contestation s'intensifie en mars 2011 après la catastrophe de Fukushima au Japon.

10.000 manifestants anti-nucléaires se retrouvent devant Fessenheim le 20 mars, une chaîne humaine de 5 km est formée autour du site en juin. Mais l'intersyndicale se mobilise contre la fermeture du site pour préserver environ 2.000 emplois directs et indirects.

En juillet, l'ASN estime que l'exploitation de la centrale peut être prolongée de 10 ans - soit jusqu'en 2027 - sous réserve de travaux, un avis suivi par le gouvernement.

- La promesse de Hollande -

Le 19 novembre 2011, un accord entre le PS et les écologistes d'EELV en prévision de la présidentielle de 2012 prévoit la "fermeture progressive de 24 réacteurs" et "l'arrêt immédiat de Fessenheim".

Après son élection, François Hollande annonce en septembre 2012 la fermeture de Fessenheim pour fin 2016. Puis il repousse de facto l'échéance à 2018, liant la fin de la centrale à la mise en service de l'EPR de Flamanville.

- Le décret de fermeture -

Le 9 avril 2017, le décret autorisant la fermeture de la centrale est publié au JO. Mais l'autorisation d'exploitation ne sera abrogée qu'"à compter de la date de mise en service de l'EPR de Flamanville", soit en 2019 au plus tôt.

Des recours sont engagés par des syndicats et collectivités.

- Retard pour Flamanville -

EDF annonce le 31 mai que la fermeture pourrait être repoussée à l'été 2019 en raison d'un possible nouveau retard dans l'entrée en service de l'EPR de Flamanville. Le 25 juillet, un nouveau calendrier prévoit le démarrage de l'EPR pour fin 2019.

Le 4 octobre 2018, le ministre de la Transition écologique et solidaire François de Rugy indique que le calendrier de Fessenheim pourrait désormais être indépendant de celui de l'EPR. "Naturellement la centrale fermera pendant ce mandat, d'ici 2022", assure-t-il.

Le 22 octobre 2018, l'ASN précise que les deux réacteurs de Fessenheim devront cesser de fonctionner au plus tard en 2020 et 2022 respectivement, car les études et travaux nécessaires n'ont pas été engagés pour que les réacteurs puissent fonctionner au-delà.

- Décret annulé -

Le 25 octobre 2018, le Conseil d'Etat annule le décret de fermeture de Fessenheim. Cette décision n'a pas été "légalement prise" car EDF n'avait pas formé de demande, juge-t-il. Le gouvernement devra prendre un nouveau décret.

ot-paj/alc/fz/mr

EDF - ELECTRICITE DE FRANCE

(©AFP / 25 octobre 2018 15h43)
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