Déchets nucléaires: un opposant au projet Cigéo incarcéré

Bar-le-Duc - Un homme a été condamné lundi à trois mois de prison ferme et incarcéré par le tribunal correctionnel de Bar-le-Duc pour violences sur des gendarmes lors de l'évacuation du bois Lejuc, épicentre de la contestation au projet d'enfouissement des déchets nucléaires à Bure (Meuse).

Le délibéré, qui prévoit huit mois de prison dont cinq mois avec sursis et une interdiction de territoire en Meuse et en Haute-Marne, a été accueilli par des vives protestations de la centaine d'opposants qui a assisté au procès.

Certains ont quitté la salle en scandant : "A bas l'Etat, les flics et la justice".

Le procureur, Olivier Glady, avait requis dix mois de prison dont la moitié avec sursis, assortis des mêmes dispositions, soulignant "la dangerosité du geste".

Le prévenu est soupçonné d'avoir jeté en direction des gendarmes un bidon d'essence enflammé, ce qu'il conteste, avant d'incendier le bivouac qu'il habitait lors de l'évacuation du bois Lejuc par 500 militaires, le 22 février à l'aube.

Il a reconnu avoir donné un coup de pied à un militaire, puis craché sur un second "par dégoût et mépris" lors de son interpellation.

"Je venais de perdre une partie de ma vie dans les flammes de cette cabane et dans les ruines de tous les lieux habités, rasés ce matin-là", a-t-il expliqué.

Le site, occupé depuis l'été 2016 par des opposants au projet de centre d'enfouissement des déchets nucléaires à Bure (Meuse), a été retenu par l'Agence nationale de gestion des déchets radioactifs (Andra) entre autres pour y mener des explorations.

Le tribunal correctionnel doit juger dans la soirée une femme, âgée de 30 ans, poursuivie pour rébellion lors d'une perquisition à la "Maison de résistance", à Bure, après des dégradations dans le village et à l'encontre des gendarmes à la suite de l'évacuation du bois Lejuc.

Présentés en comparution immédiate le 23 février, les deux prévenus avaient sollicité un délai pour préparer leur défense et été placés en détention provisoire.

Une troisième personne doit être présentée lundi au tribunal pour avoir participé à un groupement ayant pour projet d'agresser des agents de l'Andra la semaine dernière.

Les trois opposants sont également poursuivis pour avoir refusé de se soumettre au prélèvement de signalétique.

Trois autres personnes, qui avaient été interpellées lors de la perquisition de la Maison de résistance, seront jugées le 12 juin pour outrages et/ou rébellion sur agent dépositaire de l'autorité publique.


(©AFP / 19 mars 2018 19h47)