Démantèlement de réacteurs au Japon: Kansai Electric va solliciter les étrangers, Areva pressenti

Tokyo - La compagnie japonaise d'électricité Kansai Electric Power prévoit de lancer un appel d'offres auprès de sociétés étrangères pour le démantèlement récemment décidé de réacteurs âgés de Mihama (ouest), le français Areva et l'américain Westinghouse étant pressentis, a écrit mercredi le quotidien Nikkei.

Kansai Electric va déconstruire les unités Mihama 1 et 2, respectivement mises en exploitation en 1970 et 1972, dans la région de Fukui (ouest) où se trouvent plusieurs centrales atomiques.

Un appel d'offres devrait être lancé en avril dans le but de constituer une coentreprise dédiée pour un début des travaux dès 2016.

Outre Kansai Electric, cette entité comprendrait le fabricant des deux réacteurs concernés, Mitsubishi Heavy Industries (MHI), et un étranger à choisir en juin ou juillet en fonction des propositions soumises.

Au grand dam des Européens et Américains, il n'est pas habituel que les entreprises nippones ouvrent leurs appels d'offres aux sociétés non-japonaises, car c'est plus facile entre Nippons parlant la même langue et parce que les techniques japonaises sont généralement perçues comme suffisantes.

En la matière cependant, Kansai Electric voudrait bénéficier de l'expérience de firmes étrangères, savoir-faire que tant Areva que Westinghouse peuvent revendiquer, moyennant des coûts sans doute inférieurs à ceux de moyens qui seraient nouvellement conçus par des Japonais.

Dans un document datant de fin 2013, le ministère nippon de l'Industrie évalue à une fourchette de 36 à 49 milliards de yens (270 à 380 millions d'euros) le coût du démantèlement d'un réacteur d'environ 500 mégawatts (ce qui est le cas à Mihama), mais le précédent laborieux de la démolition d'une tranche à Tokai montre que cela peut doubler ou même tripler, faute de connaissances.

Areva, partenaire de Mitsubishi Heavy, notamment au sein de la coentreprise Atmea, connaît bien Kansai Electric pour lui avoir fourni du combustible nucléaire et des équipements.

Westinghouse est quant à lui une filiale de Toshiba qui est un concurrent de MHI dans la conception de réacteur, mais qui a pour avantage d'avoir participé au démantèlement de plusieurs réacteurs, notamment aux Etats-Unis.

Avec 20 des 48 réacteurs nippons (sans compter les six saccagés de Fukushima Daiichi) qui ont déjà dépassé 30 ans d'exploitation, le marché du démantèlement au Japon est perçu par les groupes étrangers comme plus que prometteur et enrichissant en termes de savoir-faire.

Le démantèlement de cinq de ces 48 unités, en l'occurrence des tranches de près de quarante ans d'âge ou plus dont les deux de Mihama, a déjà été décidé ce mois-ci.

kap/anb/tll

THE KANSAI ELECTRIC POWER CO

AREVA

TOSHIBA

MITSUBISHI HEAVY INDUSTRIES

(©AFP / 25 mars 2015 03h13)