Deux membres du Hezbollah tués dans des combats à la frontière syro-libanaise

Baalbek (Liban) - Au moins deux combattants du Hezbollah libanais sont morts dans des heurts avec des hommes armés à la frontière libano-syrienne, a indiqué dimanche un responsable du Hezbollah à l'AFP.

Ce responsable, s'exprimant sous le couvert de l'anonymat, a précisé que les affrontements avaient eu lieu du côté syrien de la frontière, et que des dizaines d'assaillants avaient été tués.

Mais selon une autre source au sein du mouvement chiite et des habitants, les combats ont eu lieu en territoire libanais après que des hommes armés venus de Syrie se sont attaqués à des positions du Hezbollah.

Des positions du Hezbollah dans les montagnes autour de Nabi Sbat, à l'est de Baalbek, ont été attaquées par des groupes armés venus de Qalamoun en Syrie, a expliqué un membre local du mouvement chiite.

Le Hezbollah a répliqué, infligeant de lourdes pertes aux assaillants, a-t-elle ajouté.

Des habitants de Nabi Sbat ayant fui les combats ont indiqué à l'AFP avoir vu des convois du Hezbollah emmener des combattants blessés.

Le bruit des affrontements pouvait être entendu dans la ville de Baalbek, à plusieurs kilomètres de là, selon un correspondant de l'AFP, qui a ajouté que l'armée libanaise se déployait dans la zone des affrontements.

L'agence nationale d'information (ANI) libanaise a également affirmé que ces heurts avaient eu lieu au Liban, ajoutant que les assaillants venaient de la localité d'Asaal al-Ward, dans la province syrienne du Qalamoun.

La frontière entre le Liban et la Syrie est en grande partie poreuse, habitants et passeurs en tout genre la franchissant aisément.

Le Hezbollah y a cependant quelques postes militaires, mais est en général avare de détails sur les affrontements qui peuvent y avoir lieu.

En août, des jihadistes du groupe Etat islamique (EI) et de la branche syrienne d'Al-Qaïda, le Front Al-Nosra, avaient attaqué les forces de sécurité libanaises à Aarsal, une autre ville frontalière de la Syrie.

Les jihadistes ont fini par se retirer dans des montagnes proches après une trêve mais ont enlevé des dizaines de soldats et policiers. Trois ont été exécutés.

Les jihadistes, de confession sunnite, réclament le retrait du mouvement libanais Hezbollah de Syrie --où il combat aux côtés des forces du régime--, accusant en outre l'armée libanaise d'être sous la coupe de ce parti. Ils réclament aussi un échange avec des prisonniers islamistes détenus au Liban, ce que Beyrouth refuse.

Le conflit en Syrie a exacerbé les tensions au Liban entre sunnites et chiites. Le Hezbollah a été à plusieurs reprises visé par des attentats.

(©AFP / 05 octobre 2014 18h19)