EDF peut contribuer à la sortie de crise en France

Paris - Le patron d'EDF a estimé jeudi que le géant de l'électricité pouvait contribuer à la sortie de crise en France et au maintien du pouvoir d'achat des ménages, grâce notamment au maintien de la France au rang de première puissance nucléaire civile mondiale.

Pour les cinq à dix ans qui viennent, notre mission impérative est de contribuer à la sortie de la crise et à la préservation du pouvoir d'achat et de l'emploi, a déclaré Henri Proglio lors de l'assemblée générale annuelle des actionnaires.

Il existe deux façon de faire baisser les factures: maîtriser les prix ou optimiser la consommation, toutes choses étant égales par ailleurs, c'est-à-dire avec un maintien du coût de production de l'électricité le plus bas possible, a-t-il expliqué.

Evaluant le coût moyen de production de l'électricité nucléaire à 55 euros le mégawattheure pour les dix prochaines années, le PDG a vanté la compétitivité des 58 réacteurs nucléaires qu'il opère en France, et dont il souhaite prolonger la durée de vie au-delà de 40 ans.

Le parc de production nucléaire français est l'outil de production le plus compétitif, a affirmé le dirigeant, dont le mandat arrivera à échéance le 22 novembre.

Lorsque, face au choc pétrolier, la France a fait le choix du nucléaire dans les années 1970, avec ses 58 réacteurs nucléaires, elle a en quelque sorte fait le plein de capacité pour assurer l'indépendance énergétique du pays pour plusieurs décennies. Les Français ont ainsi bénéficié de manière durable d'une électricité abondante, peu chère, l'une des moins chère d'Europe, et notamment moins décarbonnée.

La France est de loin le plus grand exploitant nucléaire mondial, elle doit le rester, a-t-il plaidé, faisant le constat de l'échec du marché européen de l'électricité.

Le marché européen de l'électricité ne fonctionne pas, chacun l'a maintenant compris, a-t-il dit, dénonçant les subventions massives aux énergies renouvelables et le retour en force du charbon, la plus polluante des énergies.

Le résultat est clair: l'Europe se trouve dans l'incapacité d'investir dans de nouveaux moyens de production, ce qui va soulever de manière cruciale le problème du renouvellement à terme du parc de production européen, a prédit Henri Proglio.

Pour autant, les tarifs actuels de l'électricité ne reflètent pas les coûts de production d'EDF, a estimé Henri Proglio, se prononçant pour leur hausse progressive sans pour autant amputer la compétitivité (...) et le pouvoir d'achat des Français.

Selon lui, la Cour des comptes devrait rendre dans les prochaines semaines un rapport confirmant un coût de 55 euros le MW pour le nucléaire, alors que l'entreprise est aujourd'hui obligée de revendre le quart de son électricité à ses concurrents à 42 euros le MW.

Une assemblée générale extraordinaire devra se prononcer en novembre sur le renouvellement d'Henri Proglio à la tête d'EDF, si l'Etat qui contrôle le groupe à 84% décide de le maintenir à son poste.

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EDF - ELECTRICITE DE FRANCE

(©AFP / 15 mai 2014 20h29)