EDF sommé par l'ASN d'arrêter provisoirement la centrale nucléaire du Tricastin

Paris - Les quatre réacteurs de la centrale du Tricastin (Drôme) vont être mis provisoirement à l'arrêt à la demande de l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) pour renforcer une digue jugée trop fragile au nord de l'installation, ont annoncé jeudi EDF et l'ASN.

Selon le gendarme du nucléaire, il existe "un risque de rupture d'une partie de la digue du canal Donzère-Mondragon pour les séismes les plus importants étudiés" pour évaluer la sûreté d'une telle installation.

"L'inondation en résultant pourrait conduire à un accident de fusion du combustible nucléaire" des quatre réacteurs, qui "rendrait particulièrement difficile la mise en oeuvre des moyens de gestion d'urgence internes et externes", ajoute encore l'ASN dans un communiqué, qui demande donc à EDF de mettre provisoirement à l'arrêt la centrale et de renforcer la digue.

"EDF mettra en oeuvre la décision de l'ASN dans les meilleurs délais", déclare l'électricien dans un communiqué distinct, tout en disant ne pas partager "la nécessité d'arrêter les quatre réacteurs pendant la durée des travaux".

EDF indique que ces travaux de renforcements seront réalisés "sous un mois" et qu'en attendant "une protection complémentaire" est en cours d'installation. Elle sera opérationnelle "sous quelques jours".

Ces dispositions garantissent la sûreté des installations, estime l'électricien qui considère que l'arrêt des réacteurs est "injustifié".

Compte tenu de cet arrêt imposé, le groupe est contraint de revoir à la baisse ses prévisions de production d'électricité nucléaire pour cette année.

Elle sera désormais comprise entre 385 et 392 térawattheures, contre entre 390 et 400 TWh précédemment. EDF confirme toutefois ses objectifs financiers.

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(©AFP / 28 septembre 2017 14h00)