EPR de Flamanville: des écologistes raillent le réacteur le moins sûr du monde

Caen - L'ex eurodéputé Verts Didier Anger a raillé mardi l'EPR en le présentant comme le réacteur nucléaire le moins sûr du monde, après l'annonce de nouvelles difficultés sur le chantier de Flamanville (Manche).

Après l'annonce d'anomalies sur des pièces cruciales de la cuve du réacteur de 3e génération en avril, et celle, lundi, de problèmes sur les soupapes de sûreté, nous avons la réponse à notre question: l'EPR est bien le réacteur le moins sûr du monde, moins sûr que les 58 réacteurs français, écrit Didier Anger qui préside l'association antinucléaire Crilan, basée à Flamanville, dans un communiqué.

L'Institut de Radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) a annoncé lundi que l'EPR de Flamanville rencontre des difficultés de fonctionnement. Il confirmait ainsi des informations du site Médiapart mais les relativisait aussi: l'institut attend des réponses d'EDF et son avis ne sera rendu que dans le courant de l'été.

Selon Médiapart, l'IRSN écrit que la technologie de fabrication retenue pour les calottes de cuve du réacteur Flamanville (couvercle et fond - ndlr) est en régression technique par rapport à celle utilisée pour le parc en exploitation.

Les calottes sont la première barrière contre la radioactivité après la gaine du combustible. Les soupapes doivent s'ouvrir pour laisser partir la vapeur et faire ainsi baisser la pression pour éviter l'explosion, ajoute M. Anger.

Pour Yannick Rousselet, chargé de campagne nucléaire de Greenpeace France, les conclusions de ce rapport sont terribles. Il y est question de +multiples modes de défaillances possibles aux conséquences graves+.

On avait des soupapes qui fonctionnaient correctement (sur le parc de réacteurs existant) et là on a voulu innover en mettant d'autres, qui ne marchent pas, a-t-il ironisé, interrogé par l'AFP.

Il est pas sûr du tout que les soupapes conçues pour les réacteurs actuels puissent fonctionner sur l'EPR si besoin, car on est dans des conditions de puissances et de températures nettement supérieures, a-t-il poursuivi.

L'EPR affiche une puissance de 1.650 MW contre 1.500 MW pour les quatre réacteurs français les plus puissants.

La question aujourd'hui c'est quelles soupapes ont été montées sur les trois autres EPR en construction dans le monde, en Chine, et en Finlande, souligne M. Rousselet.

Les deux organisations réclament à nouveau l'arrêt de ce chantier évalué en 2014 à 8,5 milliards. Un chiffre en cours de réévaluation par EDF.

clc/tm/nas

AREVA

EDF - ELECTRICITE DE FRANCE

(©AFP / 09 juin 2015 18h18)