Ebola: la réponse internationale est "dangereusement inadaptée"

La réponse internationale au virus Ebola qui sévit dans l'ouest de l'Afrique est "dangereusement inadaptée", affirme la coordinatrice d'urgence de Médecins sans frontières (MSF) en Sierra Leone. L'épidémie "est devenue incontrôlable depuis plusieurs mois", selon elle.

"La communauté sanitaire internationale a mis trop de temps à réagir", écrit l'infirmière coordinatrice Anja Wolz dans le "New England Journal of Medicine".

L'épidémie de fièvre hémorragique Ebola s'est déclarée au début de l'année en Guinée avant de gagner le Libéria, la Sierra Leone et le Nigeria. La maladie provoquée par le virus se manifeste par des hémorragies, des vomissements et des diarrhées. Son taux de mortalité est très important et il n'existe pas de vaccin homologué.

Système d'alerte en cause
Depuis le début de l'année, le virus a fait près de 1500 morts, selon un dernier bilan de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), dont 392 en Sierra Leone. Au total, plus de 2615 cas ont été recensés.

Les principaux problèmes résident dans l'incapacité de recenser toutes les personnes ayant pu se trouver en contact avec des malades infectés, note la coordinatrice de MSF.

Un système d'alerte grâce auquel une équipe d'enquête et une ambulance sont envoyées dans n'importe quel village en cas de mort ou de cas suspect "ne fonctionne pas correctement", regrette-t-elle. Le ministère de la Santé sierra-léonais ne dispose de toute façon que de quatre ambulances pour un district de 470'000 habitants.

Cas pas répertoriés
"Chaque jour, il y a des morts certainement dus à Ebola, mais ces cas ne sont pas répertoriés par le ministère de la santé, car la cause de la mort n'a pas été confirmée par un test en laboratoire", souligne-t-elle. Elle décrit un système de surveillance "inefficace".

"Le monde n'a jamais vu une épidémie d'Ebola comme celle-ci. Par conséquent, non seulement les bilans sont élevés, mais nous savons qu'il y a beaucoup plus de cas que ceux diagnostiqués ou signalés", a pour sa part déclaré à Monrovia le directeur des centres fédéraux américains de contrôle et de prévention des maladies (CDC), Tom Frieden.

En mission au Libéria depuis plusieurs jours, il a ajouté que la situation allait continuer à empirer à court terme.

(ats / 28.08.2014 03h16)