Election au Venezuela: l'ONU étudie une demande de mission d'observation

Nations unies (Etats-Unis) - Les Nations unies étudient la demande du gouvernement du président vénézuélien Nicolas Maduro et du candidat de l'opposition Henri Falcon, formulée mardi à New York, d'envoyer une mission d'observation lors de l'élection du 20 mai.

Jeffrey Feltman, responsable des affaires politiques de l'ONU, a rencontré pendant deux heures M. Falcon, l'ambassadeur vénézuélien auprès des Nations unies Samuel Moncada ainsi que d'autres représentants de l'opposition pour discuter de cette requête.

"Le secrétariat de l'ONU examine une demande du gouvernement vénézuélien pour un accompagnement du processus électoral avant le scrutin présidentiel du 20 mai", a expliqué Jose Luis Diaz, porte-parole des affaires politiques de l'ONU.

M. Maduro est candidat pour un second mandat de six ans à la tête de son pays mais le principal parti d'opposition boycotte le scrutin, invoquant la fraude.

M. Falcon, 56 ans, a déclaré à la presse à l'issue de la rencontre à New York qu'une "commission exploratoire" de l'ONU allait mener un examen approfondi du processus électoral.

Il ne s'agit pas d'une mission formelle d'observation, a-t-il relevé mais, selon lui, cela pourrait malgré tout aider le Venezuela à s'engager sur "le chemin électoral et pas sur le chemin de la violence".

Des partis d'opposition avaient adressé un courrier au secrétaire général des Nations unies Antonio Guterres pour l'implorer de ne pas envoyer d'observateurs par crainte que cela ne légitime le scrutin.

Plus tôt dans la journée, le ministre vénézuélien de la Communication Jorge Rodriguez avait annoncé lors d'une conférence de presse à Caracas la tenue de la rencontre à New York. "Nous demandons la commission d'observation électorale la plus large possible", avait-il expliqué.

Le président socialiste Nicolas Maduro, qui cherche à se faire réélire jusqu'en 2025 lors de la présidentielle anticipée du 20 mai, et Henri Falcon se sont mis d'accord pour demander à M. Guterres d'envoyer des observateurs.

Mais le porte-parole de M. Guterres, Stéphane Dujarric, a affirmé le 8 mars que le secrétaire général "ne pouvait pas envoyer du personnel des Nations unies pour observer des élections sans un mandat de l'Assemblée générale ou du Conseil de sécurité".

Le président Maduro avait répliqué que M. Guterres disposait bien de cette possibilité et avait dénoncé la pression des Etats-Unis.

La coalition d'opposition MUD a choisi de boycotter la présidentielle, estimant au terme d'une négociation avec le gouvernement que le compte n'y était pas en matière de garanties électorales.

Prenant le contre-pied de cette décision, l'ancien militaire Henri Falcon, ancien chaviste (du nom de l'ex-président socialiste Hugo Chavez, 1999-2013) et membre de la MUD, a choisi de faire cavalier seul et s'est inscrit comme candidat auprès des autorités électorales. Certains l'accusent de faire le jeu de Nicolas Maduro.

Le pasteur évangélique Javier Bertucci et deux autres dissidents moins connus figurent aussi parmi les candidats.

Lors d'une marche lundi vers le siège des Nations unies à Caracas, le large front regroupant partis politiques et acteurs de la société civile a demandé à l'ONU de refuser de "cautionner la fraude" électorale à venir.


(©AFP / 14 mars 2018 01h26)
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