En pleine crise avec Ankara, Trump s'attaque à l'acier et l'aluminium turcs

Washington - Le président américain Donald Trump a accru vendredi la pression sur la Turquie, dont l'économie est déjà fortement fragilisée, en annonçant une forte augmentation des taxes à l'importation sur l'acier et l'aluminium turcs.

"Je viens juste d'autoriser le doublement des taxes douanières sur l'acier et l'aluminium en provenance de Turquie puisque leur monnaie, la livre turque, descend rapidement contre notre dollar fort", explique M. Trump dans un tweet.

La Maison Blanche ayant déjà imposé en mars des tarifs douaniers supplémentaires à hauteur de 25% et 10% sur les importations d'acier et d'aluminium, cela signifie que ces produits seront désormais taxés à hauteur de respectivement 50% et 20%.

Une porte-parole de la Maison Blanche a clarifié la déclaration du président en annonçant que "la préparation des documents pour imposer les tarifs avait été autorisée par le président", ce qui laisse entendre que l'imposition de ces nouvelles taxes peut prendre encore un peu de temps.

Ces nouveaux tarifs douaniers seront instaurés au titre de la section 232 de la loi de 1962, à laquelle Donald Trump a déjà eu recours en invoquant un impératif de défense de la sécurité nationale.

Les importations américaines d'acier turc comptent pour seulement 4% de l'acier étranger acheté par les Etats-Unis, selon des statistiques de 2017 fournies par Chad Bown, économiste au Peterson Institute for International Economics (PIIE).

"Nos relations avec la Turquie ne sont pas bonnes en ce moment", a noté Donald Trump dans son tweet.

Cette annonce intervient en effet au moment où la Turquie est embourbée dans une grave crise diplomatique avec les Etats-Unis au sujet d'un pasteur américain détenu par Ankara. Ces deux alliés au sein de l'Otan se sont imposé, la semaine dernière, des sanctions réciproques contre des responsables gouvernementaux.

Une rencontre entre de hauts diplomates américains et turcs mercredi n'a débouché sur aucune avancée notable en vue d'apaiser les tensions.

Des observateurs s'attendaient dès lors à ce que Washington impose de nouvelles sanctions pour accroître la pression afin de faire libérer le pasteur.

Touchée de plein fouet par cette crise diplomatique et par les inquiétudes face à d'éventuelles répercussions sur des banques européennes, la livre turque a chuté vendredi à un plus bas historique, enregistrant une baisse de près de 10% sur la journée.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a exhorté dans la foulée ses concitoyens à changer leurs devises étrangères pour soutenir la livre turque à l'agonie, affirmant qu'il s'agissait d'une "lutte nationale" contre la "guerre économique" déclarée selon lui contre Ankara.

(©AFP / 10 août 2018 15h17)
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