En pleurs, Oscar Pistorius a témoigné lundi à son procès

Le champion paralympique sud-africain Oscar Pistorius a présenté ses excuses lundi pour le meurtre de sa compagne Reeva Steenkamp, qu'il a abattue de quatre balles en février 2013. A la barre du tribunal de Pretoria, il s'exprimait pour la première fois en public depuis le drame.

L'athlète de 27 ans a expliqué qu'il était sous médicaments, qu'il avait perdu du poids et qu'il souffrait depuis de "terribles cauchemars (...) Je me réveille la nuit avec l'odeur du sang", a-t-il témoigné.

"Je veux saisir cette occasion pour présenter mes excuses à M. et Mme Steenkamp. (...) J'ai essayé de coucher mes mots sur le papier pour vous écrire, mais les mots ne suffiront jamais", a-t-il déclaré. June Steenkamp, la mère de Reeva, est restée de marbre.

Oscar Pistorius a toujours soutenu qu'il croyait tirer sur un cambrioleur lorsqu'il a abattu son amie. Il a poursuivi: "J'essayais seulement de protéger Reeva, je veux que les gens sachent qu'elle était aimée quand elle est allée se coucher ce soir-là".

Evocation de sa mère

Interrogé sur sa famille, son enfance et sa carrière sportive par son avocat Barry Roux, Oscar Pistorius, 27 ans, s'est repris. Non sans émotion, les sanglots n'étant jamais loin au moment d'évoquer sa mère, décédée quand il avait 15 ans.

"Ma mère se faisait beaucoup de soucis pour la sécurité. Nous avons grandi dans une famille où mon père n'était pas souvent là, et elle avait souvent peur la nuit, il lui arrivait d'appeler la police", a-t-il témoigné à la barre. "Elle conservait une arme à feu dans une housse rembourrée sous son oreiller".

Vie marquée par la criminalité

M. Pistorius a évoqué une vie marquée par la criminalité, omniprésente en Afrique du Sud: son père a été attaqué deux fois en voiture, son frère a failli l'être, lui-même a été suivi un soir, on lui a tiré dessus sur une autoroute, il a été cambriolé en 2005, il a vu un intrus un soir dans son jardin...

Habilement dirigé par les questions de son avocat, l'accusé s'est présenté comme un jeune homme sensible, attaché à sa famille et à ses amis, aimant les chiens et multipliant les bonnes actions. Loin du flambeur paranoïaque qu'avaient décrit la presse nationale et les témoins à charge.

Le temps de crier

Le début de l'audience avait été consacré au témoignage de la médecin légiste Jannie Botha. Cette spécialiste a confirmé l'ordre des quatre balles tirées tel qu'avancé par l'accusation: d'abord la hanche, la tête en dernier.

Reeva Steenkamp aurait donc eu le temps de crier avant de mourir, comme l'estime le procureur; sauf si les coups de feu ont été tirés en rafale, comme l'a suggéré Me Roux.



(ats / 07.04.2014 17h02)