Engie: la "délocalisation" des services clients s'invite au tribunal

Paris - Des salariés des services clients d'Engie ont manifesté mercredi à Nanterre, avant une audience au tribunal, pour dénoncer une nouvelle fois la "délocalisation" d'une partie des activités relations clientèle vers des pays à bas coûts, qui conduit selon eux à une "destruction massive d'emplois" en France.

Réunis à l'appel de l'intersyndicale CFDT, CFE-CGC, CFTC, CGT et Ee-FO devant une annexe du tribunal de grande instance de Nanterre, les quelque 70 manifestants, chasubles colorées et panneaux "#stopdumping" sur le dos, ont reçu le soutien des députés LFI Muriel Ressiguier (Hérault) et François Ruffin (Somme).

"Engie, c'est 70% du marché du gaz" sans "aucun endroit où on peut rencontrer des gens" en cas de problème, a dit François Ruffin en dénonçant la "déshumanisation" de "la relation aux usagers". Un déficit d'interlocuteurs qu'il a mis en parallèle avec "l'énergie" déployée par le groupe pour démarcher de nouveaux clients, déjà épinglé par les consommateurs pour démarchage agressif.

Le comité d'établissement du pôle activités clientèle a assigné Engie en référé pour obtenir les "données économiques et sociales" liées à la délocalisation des emplois, un "dumping social" opéré "en catimini" selon l'intersyndicale, qui s'accompagne d'un plan de restructuration en interne.

Le refus de donner au CE "un dossier d'information consultation démontre la volonté de la direction de dissimuler" l'impact social de ces délocalisations qui s'intensifient, a affirmé Gildas Gouvazé, son secrétaire.

Selon les syndicats, à la fin de l'année, "près de 1.200 emplois clientèle" en centres d'appel auront été délocalisés vers des pays à bas coûts . Après le Maroc, le Portugal et l'Ile Maurice, l'entreprise se tourne vers des pays "à coûts encore plus bas" comme le Cameroun et le Sénégal.

Depuis septembre, les salariés se sont déjà mobilisés à plusieurs reprises. Venue de Bretagne, Ophélie Pavée "craint" que le centre où elle travaille à Quimper ferme. De 160 en 2014, les effectifs sont passés à 120 et atteignent un "seuil critique". "Et Quimper, ce n'est pas le même bassin d'emplois qu'à Paris", dit-elle.

L'activité relations clientèle est déjà externalisée à 80%, une part qu'Engie veut porter à 90%, selon l'intersyndicale.

En septembre, le groupe avait expliqué avoir décidé de pérenniser "une expérimentation consistant à réaliser certaines activités de relation clientèle (...) hors de France", lancée en 2016, "au vu des bons résultats", afin de "répondre à la nécessité (...) de réduire ses coûts".

sp/cel/ide

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(©AFP / 22 novembre 2017 15h59)
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