Eolien en mer: EDF change de partenaire pour construire ses trois parcs français

Paris - Avant d'entamer la dernière ligne droite dans le lancement de ses trois parcs éoliens offshore français, EDF a annoncé mardi avoir changé de partenaire, le canadien Enbridge remplaçant désormais le danois Dong Energy.

Aujourd'hui, le groupe EDF passe un cap stratégique, a indiqué dans un communiqué Antoine Cahuzac, directeur exécutif d'EDF, en charge des énergies renouvelables et directeur général d'EDF EN.

Il faut voir cela comme une très bonne nouvelle pour la filière éolienne française puisque ça montre qu'elle attire des capitaux, a également mis en avant Antoine Cahuzac lors d'une rencontre avec des journalistes.

Par cet accord annoncé mardi, Enbridge acquiert 50% des parts d'Eolien maritime France (EMF), la société qui contrôle les trois futurs parcs éoliens en mer qu'EDF a remporté en 2012 dans le cadre d'un appel d'offres lancé par l'Etat français.

L'accord concerne le développement, la construction et l'exploitation de ces trois parcs, a précisé M. Cahuzac.

Il s'agit d'un premier parc d'une puissance de 498 mégawatts au large de Fécamp (Seine-Maritime), un second de 480 mégawatts au large de Saint-Nazaire (Loire-Atlantique) et un troisième de 450 mégawatts dans la Manche au niveau de Courseulles-sur-Mer (Calvados).

En 2012, EDF avait remporté en consortium avec Alstom et le danois Dong Energy l'appel d'offres pour la réalisation de ces trois parcs, soit un investissement global de 2 milliards d'euros par parc. Dong Energy détenait alors 40% d'EMF.

Le danois, fidèle à sa stratégie dans l'offshore, voulait être le pilote et maître à bord d'au moins un des projets, a expliqué M. Cahuzac. Difficile pour le groupe français d'envisager de céder sur son propre marché le contrôle, même d'un parc.

On a senti il y a un ou deux ans que Dong cherchait une porte de sortie, ajoute-t-il. EDF EN a donc commencé à chercher un nouveau partenaire à l'été dernier, explique Béatrice Buffon, directrice générale adjointe d'EDF EN en charge des activités maritimes.

Enbridge, qui opère en Amérique du nord, est un des principaux opérateurs canadien d'oléoducs et de gazoducs, notamment en mer, une expérience utile pour l'éolien en mer. Le groupe a commencé depuis quelques années à se développer dans les énergies renouvelables.

Le canadien détient 2.000 mégawatts dans l'éolien terrestre, dont une partie en partenariat avec EDF EN, et est en train de construire un parc éolien en mer en Grande-Bretagne.

- autorisations en vue -

Pour Enbridge, ce partenariat est une occasion unique d'accroître nos investissements sur le marché en croissance de l'éolien en mer en Europe, selon Al Monaco, PDG du groupe canadien, cité dans le communiqué.

Ce changement de partenaire ne modifie aucun des engagements qu'EMF a pris au travers de l'appel d'offres, a précisé M. Cahuzac, assurant donc que cela ne retarderait pas les projets.

Le démarrage progressif de la construction de ces parcs est prévue à partir de 2017, précise EDF dans un communiqué. Elle durera quatre ans.

En janvier, les commissions d'enquêtes publiques menées en vue de la création de ces parcs ont rendu des avis favorables.

Le consortium attend désormais la délivrance des permis de construire pour prendre sa décision finale d'investissement.

A la fin de l'année, nous aurons eu toutes les autorisations pour les trois projets, a assuré Mme Buffon. Seul des recours éventuels pourront retarder le lancement des travaux.

En attendant, EDF, qui n'a pas remporté de projet lors du deuxième appel d'offres français dans l'éolien en mer attribué en 2014, se prépare pour le troisième appel d'offres, annoncé par le gouvernement en 2017.

mhc/fka/cj

EDF - ELECTRICITE DE FRANCE

ALSTOM

ENBRIDGE INC.

(©AFP / 10 mai 2016 11h38)
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