Equateur: fin de campagne pour l'élection du successeur de Correa

Guayaquil (Equateur) - Les deux principaux candidats à la succession du président Rafael Correa en Equateur, le socialiste Lenin Moreno et l'ex-banquier Guillermo Lasso, ont clôturé la campagne avec des discours radicalement opposés pour tenter de rallier les indécis avant l'élection de dimanche.

Le candidat d'Alliance pays (AP, au pouvoir) et le leader de l'opposition de droite ont tous deux rassemblé des milliers de partisans jeudi soir dans des quartiers différents de Guayaquil (sud-ouest), la capitale économique du pays sur la côte Pacifique.

"Nous venons parler de l'avenir qu'avec vous nous allons rendre encore meilleur", a lancé l'ex-président Lenin Moreno, en présentant son plan "Toute une vie", qui vise à éradiquer la malnutrition, la violence familiale et à renforcer l'attention envers les mères de famille et les personnes âgées.

Focalisé sur les difficultés économiques actuelles de l'Equateur, Guillermo Lasso a estimé que les électeurs avaient le choix entre voter "pour ceux qui ont créer la crise (...) ou pour le changement, grâce auquel nous allons créer un million d'emplois".

L'ex-banquier, candidat du mouvement Créant des opportunités (Creo - "je crois"), s'est engagé à favoriser les investissements étrangers, réduire les impôts pour stimuler la consommation et la production. Il s'est dit certain d'aller au second le 2 avril et de l'emporter, en disant "Dehors Correa, dehors!"

Quelque 12,8 millions d'électeurs sont appelés à choisir entre les huit candidats à la succession de Rafael Correa, qui ne se représente pas après dix ans au pouvoir. Ils vont aussi élire leur vice-président, 137 députés et cinq représentants au Parlement andin.

Lenin Moreno est en tête des derniers sondages avec 32,3% des intentions de vote, selon l'institut Cedatos, suivi de Guillermo Lasso (21,5%).

L'ex-députée de droite Cynthia Viteri (14%) était aussi présente jeudi soir à Guayaquil avec sa propre caravane électorale, tandis que l'ancien maire de Quito, Paco Moncayo (7,7%), a clôturé sa campagne dans la capitale.

Pour triompher au premier tour, le futur président doit remporter 40% des suffrages exprimés, avec 10 points d'avance sur le candidat suivant. Sinon un second tour aura lieu le 2 avril, pour la première fois depuis la deuxième élection de Rafael Correa en 2009.

Les sondages font état d'un taux élevé d'indécis, de 30 à 35%, un fait inhabituel dans l'histoire électorale récente de l'Equateur, où le vote est obligatoire, sauf pour les plus de 65 ans et les adolescents de 16 à 18 ans.

"Je n'ai pas souvenir de tant d'incertitude lors d'une élection", a déclaré à l'AFP le politologue Franklin Ramirez.

Accoutumé à remporter haut la main presque tous les scrutins depuis dix ans, le corréisme se présente à ces élections affaibli par la crise qui affecte l'économie dollarisée de ce pays producteur de pétrole, depuis la chute des cours du brut et la hausse du billet vert.

Le parti au pouvoir fait face à un fort mécontentement des classes moyennes, lasses en outre de la confrontation de Correa avec de multiples secteurs, que ce soit les milieux d'affaires, les indigènes, les défenseurs de l'environnement ou les médias.

Cette indécision des électeurs est aussi alimentée par de récentes affaires de corruption, notamment celle de la compagnie pétrolière publique Petroecuador, dans laquelle est impliqué un ancien ministre de l'actuel président, ainsi que le versement présumé de 33,5 milliards de dollars de pots de vin par le groupe brésilien Odebrecht à des fonctionnaires équatoriens.


(©AFP / 17 février 2017 05h30)
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