Espagne : le ministre de la Culture rattrapé par des déboires fiscaux

Madrid - Le tout nouveau ministre de la Culture espagnol Maxim Huerta, rattrapé mercredi par des révélations sur ses déboires passés avec le fisc, faisait face aux appels à la démission de la gauche radicale et de la droite.

De nombreux journaux espagnols, dont El Pais ou El Mundo, affirmaient mercredi en fin d'après-midi que le ministre s'apprêtait à démissionner en raison de cette affaire, seulement une semaine après sa nomination.

Il a convoqué une conférence de presse initalement prévue à 16H00 GMT, mais reportée à 17H00 GMT, selon un communiqué de la présidence du gouvernement, qui ne donnait pas de précisions sur l'objet de cette conférence.

Selon le journal en ligne El Confidencial, Maxim Huerta, ancien animateur de télévision entré jeudi en fonctions dans le gouvernement du socialiste Pedro Sanchez, a été contraint par la justice de payer plus de 360.000 euros au fisc.

Toujours selon ce média, il a été condamné pour avoir déclaré, entre 2006 et 2008, ses revenus personnels à travers une société pour payer moins d'impôts, et fait passer pour frais professionnels l'achat et la rénovation d'une résidence secondaire.

"J'ai payé ce qu'il fallait à l'époque et l'incident est clos. (...) Je n'ai aucun problème fiscal, tout est régularisé", s'est défendu à la radio Onda Cero le ministre, un des noms les plus inattendus dans le gouvernement de Pedro Sanchez.

M. Sanchez a été porté au pouvoir par une motion de censure contre le conservateur Mariano Rajoy, dont le Parti populaire (PP) a été condamné dans une tentaculaire affaire de corruption.

Pablo Iglesias, dirigeant du parti de gauche radicale Podemos qui a voté la motion de censure avec les socialistes, a réclamé la démission du ministre.

"Nous n'allons pas soutenir des comportements qui nous rappellent le PP. Si M. Maxim Huerta a tenté de frauder le fisc, il doit démissionner immédiatement, et sinon, Pedro Sanchez doit le destituer", a-t-il dit à des journalistes.

Le PP a également exigé le départ du ministre, tandis que le parti de centre droit Ciudadanos a réclamé qu'il vienne s'expliquer devant les députés.

En février 2015, Pedro Sanchez, alors chef de l'opposition, jurait à la télévision que s'il apprenait qu'un membre de la direction de son parti avait utilisé une société pour payer moins d'impôts, celui-ci serait immédiatement limogé.

Maxim Huerta, également chargé des Sports, avait déjà été au coeur d'une polémique peu après sa désignation, des internautes ayant exhumé d'anciens tweets dans lesquels il assurait détester le sport.

(©AFP / 13 juin 2018 16h36)
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