Espagne: les ex-patrons d'Abengoa relaxés pour leurs indemnités faramineuses

Madrid - La justice espagnole a annoncé vendredi avoir relaxé les ex-patrons de l'ancien géant des énergies renouvelables, jugés pour s'être accordé des indemnités de départ de plusieurs millions d'euros alors que le groupe était au bord de la faillite.

"Le tribunal les relaxe car l'abus de confiance n'a pas été démontré et ces indemnisations étaient conformes aux normes" en vigueur, explique dans un communiqué l'Audience nationale, spécialiste notamment des affaires de corruption.

Abengoa, fleuron industriel des années 2000 piégé par son endettement, avait évité de justesse en 2016 un placement en liquidation judiciaire. Cette faillite aurait été l'une des plus importantes de l'histoire de l'Espagne.

L'ancien président Felipe Benjumea, fils du fondateur de l'entreprise, et l'ancien directeur général d'Abengoa, Manuel Sanchez Ortega, avaient comparu pour abus de confiance et détournement de fonds, lors d'un procès à l'automne.

Le parquet demandait cinq ans de prison pour le premier, qui avait touché 11,4 millions d'euros d'indemnités, et quatre ans et trois mois pour le second, qui avait empoché 4,4 millions.

En décembre 2015, le ministre espagnol de l'Economie Luis de Guindos avait considéré que ces indemnités étaient "très peu présentables du point de vue éthique pour une entreprise dans la situation d'Abengoa".

Trois autres anciens membres du conseil d'administration d'Abengoa, qui avaient participé à la réunion au cours de laquelle avaient été fixées les indemnités, ont également été relaxés.

Les magistrats ont estimé que les contrats fixant les indemnités des dirigeants n'ont pas été élaborés de manière "inadéquate" et que les prévenus ne sont pas intervenus dans leur rédaction.

En outre, l'aspect "économique" des clauses, c'est-à-dire le niveau des indemnisations, est celui qui "règne dans la majorité des sociétés mercantiles de profil similaire".

Groupe familial fondé en 1941 en Andalousie (sud), Abengoa était en pointe à la fin des années 2000 dans l'énergie solaire et éolienne, les biocombustibles et le dessalement de l'eau. Il avait même été choisi par l'ancien président américain Barack Obama pour construire la plus grande centrale solaire du monde en Arizona.

Fin 2015, il était présent dans une vingtaine de pays, avant d'être rattrapé par son énorme dette, engendrée par une croissance trop rapide.

L'entreprise a finalement réussi à négocier un plan de restructuration de sa dette avec une quinzaine de banques et fonds d'investissements, mais a dû abandonner ou geler de nombreuses activités.

Elle s'est aussi séparée de plus de la moitié de ses employés, passant de 31.800 en septembre 2015 à moins de 13.500 en septembre 2017.

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Abengoa


(©AFP / 12 janvier 2018 11h55)
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