Europe de la défense: la Finlande rejoint l'Initiative européenne d'intervention

Paris - Les pays signataires de l'Initiative européenne d'intervention (IEI), impulsée par Emmanuel Macron dans l'espoir de muscler l'Europe de la défense, ont accueilli mercredi la Finlande comme nouveau membre à l'occasion de leur première réunion à Paris.

Cette structure née en juin comptait jusqu'ici neuf signataires: la France, l'Allemagne, la Belgique, le Danemark, les Pays-Bas, l'Estonie, l'Espagne, le Portugal mais aussi le Royaume-Uni, maintenu par ce biais au sein de la défense européenne malgré le Brexit.

Lancée par la France, l'IEI vise à intensifier les échanges entre états-majors de pays "capables et volontaires" pour pouvoir réagir rapidement et de façon coordonnée en cas de besoin - opération militaire classique, catastrophe naturelle, évacuation de ressortissants.

Mercredi, les ministres de la Défense réunis à Paris se sont accordés sur une "feuille de route" énonçant les priorités politiques (zones géographiques, risques et menaces...) sur lesquelles leurs états-majors travailleront ensemble dès jeudi et pour les prochains mois.

"L'IEI doit servir la protection de l'Europe directement, sensiblement. C'est une initiative résolument opérationnelle, à laquelle il faut donner des ambitions fortes et une mise en oeuvre tangible", a fait valoir mercredi la ministre française des Armées Florence Parly, rappelant que cette initiative avait vocation à agir "en complément" de l'Otan et de l'Union européenne.

Le président français, qui avait proposé la création de l'IEI lors d'un discours à la Sorbonne à Paris l'an dernier, espère développer dans ce nouveau cadre une "culture stratégique commune" et contribuer à l'émergence d'une "autonomie stratégique européenne".

"Face à la Russie qui est à nos frontières et qui a montré qu'elle pouvait être menaçante (...) on doit avoir une Europe qui se défend davantage seule, sans dépendre seulement des Etats-Unis et de manière plus souveraine", a-t-il souligné mardi, alors que les critiques récurrentes du président Donald Trump à l'égard de l'Otan font douter certains alliés européens de la fiabilité de Washington en cas d'agression.

(©AFP / 07 novembre 2018 19h28)
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