Ex-espion empoisonné: l'Otan somme Moscou de répondre aux demandes de Londres

Bruxelles - L'Otan a dénoncé mercredi l'empoisonnement de l'ex-espion Sergueï Skripal en Angleterre comme "une violation flagrante des normes et accords internationaux" sur les armes chimiques et a sommé la Russie de répondre aux questions posées par la Grande-Bretagne.

"Les Alliés sont convenus de considérer l'attaque comme une violation flagrante des normes et accords internationaux" et ont sommé la Russie "de répondre aux questions du Royaume-Uni, notamment en fournissant une information complète sur le programme Novitchok à l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques", est-il indiqué dans la déclaration publiée par le secrétaire général de l'Alliance Jens Stoltenberg.

M. Stoltenberg tiendra une conférence de presse jeudi au siège de l'Otan à Bruxelles.

"Je me félicite que les 29 alliés de l'Otan aient validé une déclaration dans laquelle ils expriment leur totale solidarité avec le Royaume-Uni et offrent leur soutien après l'attaque à Salisbury", a souligné le secrétaire général de l'Otan dans un message sur son compte Twitter.

"Le Royaume-Uni a confirmé l'utilisation d'un agent neurotoxique de qualité militaire d'un type mis au point par la Russie et a informé les Alliés qu'il était fort probable que la Russie en soit responsable", précise la déclaration.

"Le Royaume-Uni a également confirmé qu'il s'agissait d'une attaque aveugle et imprudente contre le Royaume-Uni, mettant en danger la vie de civils innocents", ajoute le texte.

La Première ministre britannique Theresa May s'apprête mercredi à annoncer des sanctions contre la Russie. Le Kremlin a clamé mercredi qu'il "n'admet pas" les accusations "sans preuves" et les ultimatums de Londres, et son porte-parole Dmitri Peskov a espéré "que le bon sens l'emportera".

Selon Theresa May, la substance utilisée pour empoisonner Sergueï Skripal, 66 ans, et sa fille Ioulia, 33 ans, appartient au groupe des agents toxiques "Novitchok", mis au point par la Russie à l'époque soviétique.

L'un des "pères" des "Novitchok", Vil Mirzaïanov, qui vit désormais aux États-Unis, a affirmé que la Russie était le seul pays capable de produire et déployer un agent innervant aussi puissant.

Les Alliés de l'Otan se sont dits "profondément préoccupés par la première utilisation offensive d'un agent neurotoxique sur le territoire de l'Alliance depuis la fondation de l'OTAN". La Convention sur les armes chimiques est devenue depuis son entrée en vigueur en 1997 l'un des piliers du régime mondial de non-prolifération, ont-ils rappelé danns leur déclaration.

"L'OTAN considère toute utilisation d'armes chimiques comme une menace pour la paix et la sécurité internationales", ont averti les Alliés.


(©AFP / 14 mars 2018 12h49)
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