Ex-espion empoisonné : l'UE fait part de sa solidarité "inébranlable" avec Londres

Strasbourg - La Commission européenne a fait part mardi de sa solidarité "inébranlable" envers Londres après l'empoisonnement d'un ex-espion russe au Royaume-Uni, dont la Première ministre britannique Theresa May a attribué la "très probable" responsabilité à Moscou.

"Il est de la plus haute importance que ceux qui sont responsables (...) voient très clairement qu'il y a une solidarité européenne - sans équivoque, inébranlable et très forte - de façon qu'ils soient vraiment punis pour ce qu'ils ont fait", a commenté le premier vice-président de la Commission Frans Timmermans devant le Parlement européen à Strasbourg.

M. Timmermans a appelé le Conseil européen, qui représente les 28 Etats membres - dont les dirigeants se réuniront en sommet en fin de semaine prochaine à Bruxelles -, à "exprimer en termes clairs sa solidarité complète avec le peuple britannique".

"On ne peut pas avoir recours à du gaz innervant dans nos sociétés. Il s'agit d'une responsabilité européenne collective, qu'on ne saurait simplement laisser à la Première ministre May et au gouvernement britannique", a estimé le numéro deux de l'exécutif européen.
Sergueï Skripal, un ancien agent double russe, et sa fille Ioulia sont dans un état critique après avoir été exposés à une substance chimique potentiellement mortelle à Salisbury (sud de l'Angleterre). Le toxique utilisé est l'agent innervant "Novitchok", de conception russe, particulièrement dangereux et inédit dans son utilisation, selon des experts occidentaux.

Mme May a jugé "très probable que la Russie soit responsable" de l'empoisonnement de l'ex-espion. Et elle a donné jusqu'à mardi soir à Moscou pour fournir des explications à l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC).

La Russie a protesté de son innocence et s'est dite "prête à coopérer".

Au Parlement européen, le chef de file des libéraux, Guy Verhofstadt, a exhorté les dirigeants européens à décider de "contre-mesures" lors de leur prochain sommet à Bruxelles. "Il faut une réponse européenne commune à ce scandale", a plaidé l'ex-Premier ministre belge.

Mardi soir, l'Otan, dont le QG est à Bruxelles, avait qualifié l'affaire d'"incident très préoccupant".


(©AFP / 13 mars 2018 13h33)
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