Fermeture des centrales à charbon en France: le groupe allemand Uniper réclame une concertation

La centrale à charbon exploitée à Gardanne par le groupe allemand Uniper, le 05 février 2017 / © AFP/Archives / BORIS HORVAT
Le patron du groupe allemand Uniper en France a interpellé vendredi le gouvernement sur la fermeture annoncée des centrales à charbon, réclamant une concertation pour envisager l'avenir des sites concernés.

"Les pouvoirs publics ont su se mobiliser autour du site de (la centrale nucléaire de) Fessenheim, pourquoi ne réussiraient-ils pas à le faire sur les sites de production d'électricité à partir de charbon?" interroge dans une lettre ouverte Luc Poyer, président d'Uniper France.

Il réclame une réunion entre l'Etat et les partenaires sociaux, les entreprises concernées et les représentants des salariés.

Il invite aussi un "membre du gouvernement à visiter nos deux centrales de Moselle et de Provence pour rencontrer nos équipes et expliquer comment l'Etat entend conduire leur transformation industrielle".

Emmanuel Macron avait promis durant la campagne pour la présidentielle de fermer les centrales à charbon - très polluantes - durant son quinquennat.

"Nous avons pris une décision politique, sous l'autorité du président de la République, de fermer les quatre centrales au charbon qui demeurent en France", a encore confirmé mercredi le ministre de la Transition écologique et solidaire, François de Rugy, auprès de quelques journalistes.

Il reste en effet quatre sites en activité: deux d'EDF à Cordemais (Loire-Atlantique) et au Havre (Seine-Maritime), et deux autres d'Uniper à Gardanne (Bouches-du-Rhône) et Saint-Avold (Moselle).

Chacun des territoires concernés doit signer avec l'Etat un Contrat de transition écologique (CTE), un dispositif qui vise notamment à aider les zones connaissant des difficultés industrielles.

Le secrétaire d'Etat à la transition écologique Sébastien Lecornu avait évoqué mardi la tenue le 19 octobre prochain d'une "réunion pour fermer la centrale à charbon de Gardanne", lors de la séance des questions au gouvernement à l'Assemblée.

Une formulation sur laquelle s'interroge le président d'Uniper France, selon lequel "il s'agit formellement d'une réunion centrée sur les contrats de transition écologique entre acteurs du territoire, à laquelle ni les entreprises ni les partenaires sociaux ne sont invités".

Cette déclaration "nuit aux efforts de l'entreprise pour surmonter, par le dialogue, les difficultés posées" par la décision de fermer les centrales, elle "ouvre un doute sur l'avenir de nos sites de production", et "suscite une vive inquiétude sur nos sites", écrit Luc Poyer.

Sur le fond, l'entreprise juge par ailleurs que les "conditions d'un arrêt prématuré ne sont pas réunies", rappelle-t-il.



(©AFP / (12 octobre 2018 15h32)


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