France: 34'100 postes supprimés au 3e trimestre, l'intérim en berne (Insee)

Paris (awp/afp) - Malgré un léger rebond de la croissance au 3e trimestre, l'économie française a recommencé à détruire des emplois dans le secteur marchand, avec 34'100 suppressions nettes de postes (-0,2%), notamment dans l'intérim, selon des estimations provisoires de l'Insee publiées vendredi.

L'emploi salarié est tiré à la baisse par le travail temporaire, qui a chuté de 4,2% sur le trimestre. Dans ce secteur, 22'900 postes ont été supprimés. L'emploi intérimaire est cependant "quasi-stable" (-0,5%) sur un an, note l'Insee.

Sur le trimestre, les destructions de postes concernent tous les secteurs d'activité: la baisse atteint 0,4% dans l'industrie, 0,8% dans la construction et 0,1% dans le tertiaire, où sont comptabilisés tous les emplois en intérim.

Hors intérim, l'emploi tertiaire reste toutefois bien orienté, avec 12'900 créations de postes sur le trimestre.

Sur un an, 37'700 postes ont disparu dans le secteur marchand malgré une légère embellie au deuxième trimestre (8300 créations).

Pourtant, peu avant les chiffres de l'emploi, l'Insee a annoncé jeudi une croissance un peu meilleure que prévu au 3e trimestre: +0,3%.

"L'activité a légèrement repris mais reste trop faible pour assurer les créations d'emploi nécessaires à notre pays", a estimé Michel Sapin, ministre de l'Economie, dans un communiqué.

D'autant que ce léger rebond intervient après un premier trimestre de stagnation de l'activité et un deuxième de baisse (-0,1%).

L'Institut national de la statistique et des études économiques, comme le gouvernement, ont d'ailleurs dû abaisser début octobre leurs prévisions de croissance à 0,4% pour 2014. En 2015, l'exécutif prévoit 1% de croissance.

Or, pour beaucoup d'économistes, il faut au moins 1,5% de croissance en moyenne pour faire reculer le chômage, qui réagit à l'activité avec plusieurs trimestres de décalage. Par conséquence, aucun organisme international ne prévoit de reprise de l'emploi avant, au mieux, fin 2015.

Pour stabiliser le chômage, il faut environ 100'000 créations d'emplois par an pour compenser l'arrivée de nouveaux actifs sur le marché du travail.

La France en est encore loin et le chômage continue d'augmenter: fin septembre, le nombre de demandeurs d'emploi sans activité a atteint le record de 3,43 millions.

Quant au taux de chômage de l'Insee, il s'est légèrement replié à 9,7% fin 2013 mais l'Institut anticipe une nouvelle dégradation en fin d'année.

La semaine dernière, François Hollande a de nouveau lié son avenir présidentielle à celui des chômeurs. S'il échouait à relancer l'emploi, "les Français seraient implacables et ils auraient raison", a-t-il déclaré.

afp/lk

(AWP / 14.11.2014 09h45)