France: Macron pour un service national "avec une partie obligatoire de 3 à 6 mois"

Paris - Le futur service national en France devrait comporter "une partie obligatoire de 3 à 6 mois", a souhaité mardi soir le président Emmanuel Macron devant l'Association de la presse présidentielle.

Le président a souhaité que le service soit "obligatoire, ouvert aux femmes et aux hommes", pouvant avoir "une ouverture sur la chose militaire" mais "dont la forme pourra être civique".

Alors que la France avait supprimé le service militaire en 1997, Emmanuel Macron avait promis lors de la campagne présidentielle de rétablir un "service national obligatoire et universel" d'un mois et pour l'ensemble d'une même classe d'âge, soit entre 600.000 et 800.000 jeunes par an.

Sa durée pourra être "autour du trimestre" mais pourra "être plus longue si l'on intègre un service civique", a annoncé mardi M. Macron, évoquant "une partie obligatoire, entre 3 et 6 mois, ce n'est pas encore établi".

Le président a par ailleurs convenu que le service "aura un coût", "mais je ne pense pas qu'il soit prohibitif, il ne s'agit pas de recréer des casernements massifs", a-t-il considéré.

Début février, le gouvernement a annoncé son intention de porter les dépenses de défense de la France à 2% du PIB en 2025. Le budget des armées, de 34,2 milliards d'euros en 2018, va bénéficier d'une hausse de 1,7 milliard d'euros par an jusqu'en 2022, avant des "marches" de 3 milliards par an à partir de 2023.

L'instauration d'un service national universel obligatoire, nécessairement coûteux, a suscité la méfiance de l'armée et la perplexité du monde éducatif, ainsi que l'hostilité des syndicats étudiants.

C'est notamment le caractère obligatoire de ce service national qui avait posé question, en raison de son coût (estimé entre deux et trois milliards d'euros par an) et des capacités réduites d'accueil des armées.

Mais le président Macron y tient: "beaucoup disent que c'est impossible à faire. Mais (...) cela forge plutôt en moi la conviction que c'est une nécessité de le faire", avait-il réaffirmé fin janvier, en annonçant la mise en place d'un groupe de travail chargé de plancher sur le sujet.

Selon des informations de la radio France Inter, le texte préconiserait un "parcours citoyen en trois étapes", que les jeunes effectueraient entre leur 11e et leur 25e année.

Entre 11 et 16 ans, "il y aurait d'abord une semaine annuelle de la défense et de la citoyenneté (obligatoire)", qui se déroulerait au sein même de l'établissement scolaire.

Ensuite, à 16 ans, interviendrait "un rite de passage": soit une semaine en internat pendant les vacances scolaires, soit 7 jours en immersion au sein d'une association agréée.

Enfin, entre 16 et 25 ans, serait prévue "une incitation à l'engagement" dans le cadre d'un service civique ou au sein de la garde nationale.

C'est le groupe de travail mis en place par l'Élysée qui aura le dernier mot: il doit rendre ses conclusions fin avril. La phase d'expérimentation pourrait débuter dès le début de l'année 2019.

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(©AFP / 13 février 2018 20h59)
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