France: Saad Hariri doit pouvoir "retourner librement" au Liban

Paris - Le Premier ministre français Édouard Philippe a déclaré mardi, à l'Assemblée nationale, que son homologue libanais Saad Hariri devait pouvoir "retourner librement" dans son pays.

"L'enjeu est que M. Hariri puisse retourner librement dans son pays pour clarifier sa situation conformément à la Constitution libanaise", a dit M. Philippe, en expliquant que la démission de Saad Hariri, en direct d'Arabie Saoudite, ouvrait "une période d'incertitude qu'il (fallait) clore rapidement".

Édouard Philippe a assuré que la France portait "une attention toujours particulière au Liban", un pays "qui, dans une région en guerre, reste à l'évidence un modèle de diversité qu'il faut absolument préserver".

"Face à cette situation, la France agit pour que les partis libanais, tous ceux qui exercent une influence au Liban, s'engagent pour que la situation revienne au plus vite à la normale", a-t-il ajouté.

Selon lui, "il est également important que tous les partis libanais s'engagent à respecter la paix civile, à maintenir le Liban à l'écart des crises régionales et à éviter les ingérences. C'est indispensable pour le bien du Liban, c'est indispensable pour le bien de toutes ses communautés".

Le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian doit se rendre en Arabie saoudite mercredi et "examinera avec les autorités saoudiennes les moyens de sortir de la situation actuelle", a rappelé le chef du gouvernement.

"Nous prenons et nous allons prendre les initiatives nécessaires pour que le Liban reçoive tout le soutien international qu'il mérite", a-t-il assuré.

Le Premier ministre français a aussi rappelé que le président Emmanuel Macron s'était entretenu le 9 novembre avec le prince héritier d'Arabie Saoudite à Ryad à ce sujet, et que l'ambassadeur de France à Ryad avait également "rendu visite au Premier ministre libanais à son domicile récemment".

Le chef de l'Etat s'est aussi entretenu mardi avec le ministre libanais des Affaires étrangères, Gebran Bassil, émissaire du président Michel Aoun, qui réclame le retour de M. Hariri à Beyrouth.

"On espère régler cette affaire par le retour rapide du Premier ministre chez lui, dans son pays", a déclaré M. Bassil devant la presse, en rappelant que M. Hariri avait lui-même évoqué dimanche un délai de quelques jours.

"Maintenant il est dans une situation ambigue et pas normale", a ajouté M. Bassil. Il doit revenir au Liban pour "être libre de décider ce qu'il veut faire", a-t-il insisté.

A Bruxelles, la cheffe de la diplomatie de l'UE, Federica Mogherini, a dit "escompter que (Saad Hariri) et sa famille revien(nent) au Liban dans les jours à venir", selon un communiqué de ses services.


(©AFP / 14 novembre 2017 18h33)
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