France : la réforme ferroviaire adoptée par l'Assemblée, dernier vote au Sénat jeudi

Paris - L'Assemblée nationale française a adopté mercredi en dernière lecture, par une très large majorité de 452 voix contre 80, le projet de réforme ferroviaire qui est au centre de la grève la plus longue des 30 dernières années à la SNCF, l'opérateur du rail.

Ultime étape de son parcours parlementaire, le Sénat votera jeudi le projet de loi qui prévoit de transformer la SNCF en société anonyme, de fixer le calendrier de l'ouverture à la concurrence prévue au niveau européen et de supprimer l'embauche au statut de cheminot dans l'entreprise historique.

Les syndicats de l'opérateur du rail ont aussitôt appelé les cheminots à poursuivre leur mouvement de grève, qui en était mercredi à son 30e jour avec, toutefois, une mobilisation au plus bas : moins de 13% de grévistes recensés dans la matinée par la direction.

Cette "réforme nécessaire" permettra "d'assainir financièrement la SNCF, de régénérer le réseau et d'avoir un niveau de qualité de service qui soit satisfaisant à nouveau", avait martelé mardi le rapporteur à l'Assemblée, Jean-Baptiste Djebbari (LREM, majorité présidentielle).

"Transformer la SNCF, beaucoup s'y sont essayé" et "le gouvernement a trouvé un chemin", s'est-t-il félicité mercredi, vantant également les apports parlementaires pour une "protection efficace des salariés" ou un capital "incessible".

Le texte porté par la ministre des Transports Elisabeth Borne a été retouché depuis trois mois dans les deux chambres, avec notamment de nouvelles garanties pour les salariés du groupe ferroviaire.

Mais les trois groupes de gauche (socialistes, communistes et gauche radicale des Insoumis), dénonçaient "un chèque en blanc" au gouvernement et "le premier temps d'une privatisation".

En forme de baroud d'honneur, les communistes ont défendu une motion de rejet de ce texte, synonyme selon eux d'un "grand retour en arrière", avant 1936. "Vous voulez revendre notre grande entreprise publique à la découpe", a accusé Fabien Roussel.

"Vous vous prenez pour Thatcher?", a lancé à la ministre l'Insoumis Alexis Corbière, affirmant que le gouvernement ne "triomph(ait) pas" et que la réforme lui "coûtera(it) des défaites électorales".

L'adoption définitive jeudi au Sénat, à majorité de droite, ne devrait être qu'une formalité, après l'accord députés-sénateurs sur une version commune du texte lundi en commission mixte paritaire. La gauche a critiqué "un pacte" en la majorité présidentielle et Les Républicains (droite) au détriment des cheminots.

Des arrêts de travail sont prévus jusqu'au 28 juin, toujours au rythme de "deux jours sur cinq". Mercredi soir l'intersyndicale a appelé les cheminots à se mobiliser "massivement" le 28 juin.

Mais l'un des syndicats, la CFDT-Cheminots (4e dans l'entreprise), bien que se déclarant "en colère et mobilisée" contre la réforme, a appelé à suspendre le conflit durant la période du baccalauréat (18 au 25 juin inclus), pour ne pas pénaliser les jeunes affrontant les épreuves de la dernière année de lycée.

(©AFP / 13 juin 2018 17h27)
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