Francophonie: Le Pen et Mélenchon dénoncent le soutien français à la candidate rwandaise

Paris - L'extrême droite et l'extrême gauche françaises ont critiqué mercredi le soutien apporté par la France à la candidature de la Rwandaise Louise Mushikiwabo à la tête de l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF).

"Je suis indignée que la France puisse soutenir une ministre de Kagame (le président du Rwanda, NDLR) qui est violemment anti-française, d'un pays qui a choisi de faire de l'anglais sa langue d'enseignement, sa langue d'administration, qui a tourné le dos au français", a déclaré la présidente du Rassemblement national, Marine Le Pen.

Mme Mushikiwabo, "de surcroît, a sur la France, des propos qui sont presque insultants", a affirmé la finaliste de la dernière élection présidentielle, sans préciser à quelles déclarations elle faisait référence.

"Que le président de la République puisse soutenir cette candidature, c'est absolument incompréhensible", a ajouté la dirigeante d'extrême droite.

Le dirigeant de La France Insoumise, Jean-Luc Mélenchon, a estimé jeudi que le président français Emmanuel Macron était "l'ennemi de la francophonie" en soutenant la candidate d'un Rwanda "grossièrement anglophile".

"Macron se fait l'ennemi de la francophonie. Il montre sa fascination morbide pour la langue du libéralisme et des États-Unis", a affirmé le député d'extrême gauche dans un communiqué.

Mme Mushikiwabo est l'actuelle ministre des Affaires étrangères du Rwanda, "c'est-à-dire une membre du régime dictatorial de Paul Kagame (...) au pouvoir depuis 18 ans", a ajouté l'ex-candidat à l'élection présidentielle française.

La France a décidé de soutenir la candidature de la ministre rwandaise, geste de réchauffement dans les relations tendues entre Paris et Kigali, près d'un quart de siècle après le guerre au Rwanda et le génocide.

Le président Kagame, dirigeant du Front patriotique rwandais (FPR) qui a pris le pouvoir à Kigali quelques jours avant la fin du génocide, accuse les autorités françaises d'avoir soutenu le pouvoir hutu et d'avoir été un acteur des tueries, ce que Paris a toujours fermement démenti.

La Francophonie, réunie à partir de jeudi à Erevan en Arménie, devrait nommer à sa tête cette diplomate rwandaise de 57 ans, consacrant ainsi la victoire d'une candidature africaine face à la sortante canadienne Michaëlle Jean. Avant Mme Jean, les deux précédents dirigeants de la Francophonie étaient africains. Le continent est le principal vivier de locuteurs francophones au monde.

M. Kagame, président en exercice de l'Union africaine, a jeté tout son poids derrière la candidature de Mme Mushikiwabo, qui a suscité des réserves, son pays étant dénoncé par certaines ONG pour des violations des droits de l'homme.

(©AFP / 11 octobre 2018 13h07)
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