Fusion ats-Keystone: craintes des syndicats et résolution

Berne (awp/ats) - La fusion entre l'Agence télégraphique suisse (ats) et l'agence photo Keystone continue d'inquiéter les syndicats. Ils soutiennent lundi une résolution de la rédaction de l'ats. Une séparation claire entre journalisme et publicité doit être garantie.

Après la fusion, "l'agence de dépêches, aujourd'hui largement indépendante et non soumise aux impératifs de rendement, doit se transformer en une poule aux ½ufs d'or contrainte de dégager chaque année une rentabilité", critiquent syndicom et impressum, les syndicats des journalistes suisses. La nouvelle entreprise Keystone-ats distribuera à moyen terme un dividende aux actionnaires.

Dans ce contexte, l'assemblée du personnel des journalistes de l'ats a réagi. Elle a adopté à une large majorité une résolution commune à l'intention de la direction et du conseil d'administration, relayée par les syndicats. Principale inquiétude: que la nouvelle entreprise ne fasse plus la distinction entre publicité et journalisme, "en raison des attentes de rendement et de la pression sur les prix", écrivent les syndicats.

La résolution revendique donc une séparation claire entre relations publiques et journalisme. "Ces tâches diamétralement différentes ne devront pas être effectuées par les mêmes collaborateurs", lit-on dans le texte de la rédaction de l'ats.

Les journalistes refusent dans le même temps que la future entité devienne une entreprise à but purement lucratif. Le modèle actuel, sans but lucratif, doit être conservé. De plus, "le versement de dividendes aux actionnaires remettrait en question la contribution financière de la Confédération à l'ats qui vient d'être décidée".

ATTENTES DE RENDEMENT

La structure des coûts devrait être elle transparente. Un journaliste expérimenté de la rédaction doit siéger au sein de la direction, exige aussi la rédaction. Et l'entreprise doit continuer d'assurer des places de formation pour les stagiaires.

Les futures attentes de rendement et le dumping des prix pratiqués par les clients de l'agence, les éditeurs de médias, risquent d'entraîner une suppression de postes, estiment encore impressum et syndicom. Certains départements de l'ats pourraient être menacés, tout comme la formation des jeunes journalistes.

"Les signaux en provenance du conseil d'administration désigné et de la direction sont préoccupants et devraient inquiéter la classe politique et la population." Car l'ats n'est pas seulement une entreprise média. En tant que seule agence de presse du pays, avec ses services en trois langues, elle joue un rôle particulier pour la démocratie et la cohésion de la Suisse, poursuivent les deux syndicats.

La fusion interviendra sous réserve du feu vert des commissions de la concurrence en Suisse (Comco) et en Autriche et de l'approbation des actionnaires de l'ats et de Keystone. Elle doit avoir lieu au deuxième trimestre 2018 avec effet rétroactif au 1er janvier 2018.

ats/al

(AWP / 11.12.2017 15h10)