GB: BT se prive à son tour des équipements du chinois Huawei

Londres - Le groupe britannique de télécoms BT a annoncé mercredi qu'il se défaisait d'équipements Huawei pour son réseau de téléphonie mobile, au moment où le géant chinois est pointé par des responsables occidentaux comme une menace pour la sécurité.

Un des principaux fournisseurs mondiaux d'équipements et de services de technologies mobiles, Huawei est montré du doigt par des responsables occidentaux pour ses liens supposés avec les services de renseignement chinois. L'entreprise tout comme le gouvernement chinois démentent toutefois toute coopération à des fins d'espionnage.

"Après notre acquisition de l'opérateur mobile EE en 2016, nous avons commencé à retirer les équipements Huawei du coeur de nos réseaux 3G et 4G", a expliqué le groupe dans un communiqué confirmant des informations révélées par le Financial Times.

"Nous appliquons les mêmes principes pour l'installation de l'infrastructure 5G" à venir, a-t-il ajouté.

Le groupe a précisé toutefois que de l'équipement Huawei pourrait encore être utilisé pour des "équipements non-essentiels".

Cela signifie que BT ne va plus utiliser d'équipement Huawei pour les technologies de pointe du réseau, mais qu'il pourrait encore en faire usage pour du matériel moins sensible, comme les antennes télécoms.

Le Wall Street Journal a rapporté fin novembre que les autorités américaines avaient lancé une vaste campagne pour dissuader des entreprises de téléphonie mobile et d'accès à internet dans des pays alliés d'utiliser les équipements Huawei, de crainte de donner à Pékin un accès à des informations sensibles.

L'une des principales inquiétudes, selon les sources du quotidien, réside dans la sécurisation des communications des installations militaires américaines à l'étranger comme en Allemagne, en Italie et au Japon, où les militaires font usage des réseaux de communication locaux même s'ils disposent de moyens propres pour les échanges les plus sensibles.

Lundi, le chef du renseignement extérieur britannique (MI6), Alex Younger, a questionné la participation de Huawei au déploiement de la technologie 5G au Royaume-Uni.

"Nous devons décider dans quelle mesure nous allons continuer d'accepter sans problème la propriété chinoise de ces technologies et plate-formes dans un environnement où certains de nos alliés ont pris une position claire", a-t-il dit lors d'une rare intervention publique.

Le gouvernement fédéral américain a demandé officiellement en début d'année à ses opérateurs télécoms de ne pas s'équiper chinois. Durant l'été, l'Australie à son tour a exclu Huawei du déploiement de la 5G et au Japon, certains opérateurs comme NTT Docomo ne s'équipent pas auprès du géant chinois des télécoms. En Nouvelle-Zélande, les équipements Huawei ont été bannis pour la 5G, même si les autorités assurent que ce n'est pas en raison de sa nationalité chinoise.

zak-pn/jbo/nas

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(©AFP / 05 décembre 2018 15h45)
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