GB/Irlande du nord: échec des discussions pour former un gouvernement

Londres - Les partis nord-irlandais unioniste DUP et nationaliste Sinn Féin ont annoncé mercredi l'échec de leurs discussions pour former un nouveau gouvernement, à l'issue d'une nouvelle série de négociations pour sortir de plus d'un an de crise.

"A notre avis, il n'y a actuellement aucune perspective pour que ces discussions mènent à la formation d'un exécutif", a constaté la cheffe du Parti unioniste démocrate, Arlene Foster, relevant que des divergences "sérieuses et importantes" demeurent entre le DUP et le Sinn Féin, notamment sur l'utilisation de la langue irlandaise dans la province.

La cheffe du Sinn Féin en Irlande du Nord, Michelle O'Neill, a rendu le DUP responsable de l'échec. "Nous avions trouvé un accord avec le DUP mais sa direction a refusé de l'entériner", a-t-elle déclaré à Belfast. Elle a relevé que les questions en suspens "ne vont pas disparaitre et devront être réglées, que ce soit d'ici un jour, un mois ou plusieurs mois".

Le DUP et le Sinn Féin avaient pris part depuis fin janvier à de nouvelles négociations, présentées comme une tentative de la dernière chance pour sortir de la crise politique en Irlande du Nord, sans gouvernement depuis début 2017. Les deux partis, principales forces de la province, étaient partenaires au pouvoir depuis 2007.

Arlene Foster a elle appelé Londres à prendre les rênes dans la province. "Il revient maintenant au gouvernement de Sa Majesté d'établir un budget et de commencer à prendre des décisions politiques sur nos écoles, hôpitaux et infrastructures", a-t-elle déclaré dans un communiqué publié sur Twitter.

"J'avais sincèrement espéré que nous puissions rétablir un gouvernement et que des ministres locaux puissent prendre ces décisions. Ce n'est pas possible à l'heure actuelle", a ajouté la leader du DUP, allié du gouvernement conservateur de la Première ministre britannique Theresa May.

Le Parlement britannique avait déjà dû se substituer l'an dernier à l'administration décentralisée de Belfast, en votant le budget pour assurer la continuité des services publics dans la province britannique.

Devant l'impasse, la ministre britannique à l'Irlande du Nord, Karen Bradley, a appelé les deux parties "à réfléchir aux circonstances qui ont conduit" à cet échec "et à leurs positions maintenant et à l'avenir". "Un gouvernement régional est dans l'intérêt de tous", a-t-elle souligné.

Et le chef de la diplomatie irlandaise, Simon Coveney, a exprimé sa "déception", rappelant qu'en tant que "co-garant des accords du Vendredi saint, les gouvernements britannique et irlandais ont une obligation de maintenir et protéger l'esprit et la lettre de cet accord".

Les accords de paix du Vendredi saint avaient mis fin à des années de troubles entre protestants partisans de l'union avec la Grande-Bretagne et catholiques partisans de l'unification avec le reste de l'Irlande, qui avaient fait près de 3.500 morts de la fin des années 1960 à celles des années 90.

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(©AFP / 14 février 2018 18h09)
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